• Voyage, Voyage

         En nos temps incertains, le voyage est devenu d'une banalité telle qu'il paraît presque indécent de s'étonner des diverses " aventures " qui surviennent au cours de ces déplacements, fussent-ils d'un bout à l'autre de la planète .
         Incidemment, cette formule est d'ailleurs aussi saugrenue que les dites " semi aventures " : comment peut-on aller d'un bout a l'autre d'une boule, même si elle n'est que presque sphérique ?
        Ces derniers jour, nous avons donc traversé la moitié de la planète pour rejoindre notre progéniture, qui coule des jours que nous voudrions heureux dans le sud de notre beau, grand et généreux pays selon la formule plus ou moins consacrée.
         Loin , très loin d'être classables dans les aventures de Indiana Jones ou du Rabbi Jacob, les quelques péripéties suivantes m'ont bien fait rigoler.  
        Après. 
      Tout à commencé par une fin d'après midi joyeusement ensoleillée, à la Voyage, Voyagedescente du vol qui nous avait amenés de Séoul. Cherchant dans son immense et insondable sac à main, Danielle, mon épouse , pâlit soudain et d'une voix blanche me dit : "J'ai perdu mon passeport!!! Il doit être tombé dans l'avion" . Elle vida son  immense sac à main sur un banc pour vérifier, sait-on jamais, si   cette saleté d'indispensable pièce administrative s'y était  subrepticement dissimulée?...Il est vrai que, quand on sait ce que peut contenir cet incontournable accessoire féminin...   pendant que je me précipitais à bord, pour fouiller, en compagnie de trois hôtesses , les environs plus ou moins immédiats de son siège, sans le moindre résultat.
         Après que le chef de cabine m'eût demandé dans un français impeccable, avec l'air averti d'un homme marié de longue date : " votre épouse a-t-elle regardé dans son sac a main ? " je suis revenu, à demi inquiet quand même, mais elle me rassura en me disant avec un sourire heureux: " Je l'ai retrouvé ! "
         Avant de partir, nous avions visité les entrailles de nos tiroirs - heureusement peu nombreux - pour y retrouver les quelques euros qui restaient de notre dernière escapade et qui sont indispensables à la survie dans la vieille Europe.
         En dehors de la durée , que ma chère épouse Voyage, Voyagetrouve excessive des transports, fussent-ils aériens, et des escales, fussent-elles exotiques , il faut ajouter la difficile conversion de nos chers francs pacifiques  en ces damnés euros ( faut-il multiplier ou diviser ? ).
         Nous en eûmes la preuve incontestable quand, essayant de faire l'appoint pour l'achat d'une bouteille d'eau ( aussi minérale que Hollandaise, puisque nous étions alors au pays des tulipes, des moulins à vent et des vélos omniprésents ), quand, donc, la pièce de 2 euros proposée au commerçant fut refusée avec la dernière énergie, voire avec une vertueuse indignation. Par contre il accepta sans rechigner le moins du monde un billet de 50 de la même monnaie.
         L'affaire en resta là, nos connaissances numismatiques, et notre compétence dans la langue d'Erasmus ayant atteint leurs limites. Nous avons eu une explication claire, rationnelle et incontestable le lendemain quand, lorsque cette anecdote fut relatée à nos enfants, et, qu'ayant regardé la pièce, ils nous dirent en rigolant qu'il s'agissait d'une pièce de 10 nos francs d'avant... qui lui ressemble, presque comme une sœur ...
         Quelques instants plus tard, toujours dans les dédales de Schiphol Airport, arrivant au passage obligé des contrôles de police, je me suis aperçu avec effroi qu'un bagage a main - le mien ! - avait disparu.
         Et comme, bien entendu, c'est celui qui garde précieusement les billets de retour, une certaine inquiétude s'est fait jour. Une course effrénée m'a conduit au dernier endroit où je me souvenais de la présence de ce maudit sac à mon épaule, c'est à dire à l'autre bout d'une interminable allée encombrée de voyageurs arrivant et partant, meublée de tapis roulant ( sur lesquels les gens du cru marchent, voire courent, ce qui me plonge aussi dans des abysses de perplexité , car je croyais – bêtement – que ces installations ne sont là que pour éviter aux gens de marcher … ).
         Après donc avoir couru (enfin presque) jusqu'au bout de cette avenue, je Voyage, Voyagevis un rassemblement de quelques policiers au gabarit d'armoires à glace accompagnés d'un chien aussi policier que berger allemand à l'air pas très compréhensif ( le chien, pas les policiers ), et au milieu de cet attroupement, mon sac, qui se prélassait, bêtement, comme si il était chez lui. Je me suis présenté, bredouillant en français :" c'est mon sac !"
         Ce à quoi une des armoires - qui avait en main mes billets- me répondit, d'une voix rapide et professionnelle et en ce que je suppose être du Voyage, Voyagenéerlandais. Mon air ahuri a dû lui faire comprendre que …. je ne comprenais pas, et il s'est adressé à moi en... anglais, ce qui n'a pas eu plus d'effet sur mon cerveau désespérément francophone , mais j'ai compris le mot passeport, et, tout fier de mes qualités d'interprète, j'ai exhibé ce document qu'heureusement j'avais gardé dans ma poche.
        Après avoir vérifié la concordance entre mon sésame international et les billets qu'il avait en main,, le grand et hollandais policier m'a rendu mon bien, non sans me recommander ( je suppose, en tous cas...) de mieux surveiller mes bagages à l'avenir, et après m' a souhaité un excellent voyage, ce dont je l'ai remercié par un sourire penaud mais profondément satisfait.
         Le reste du voyage s'est déroulé sans incident.


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  • Commentaires

    2
    el mektoub
    Jeudi 9 Juillet 2009 à 12:34
    tonton cristobal est revenu...aurais-tu oublié tes bésicles?? à te dire que j' ai surveillé de près les infos pendant de laps de temps qui a courru du 2 au 8 , on ne sait jamais, mais bon, tout est dans l' ordre vous au pays les passeports dans le portefeuille et les billets retour pré-payés dans le sac à dos , encore heureux que l' on n' ait pas dynamité ledit sac , imagines-tu que tes collègues te considèrent al quaïda-iste???

    bon vent sous nos latitudes, vénérable, dis-nous quand tes pas te rapprocheront du creuset, il nous serait agréable de te convier à un banquet digne de ton auguste présence.
    dis-nous les nouvelles de la santé qui nous préocuppe, en attendant te serrer contre mon poitrail, je te bises et avec toi toute notre parentèle, je te laisse le soin de leur en faire état.
    1
    hem59
    Mercredi 8 Juillet 2009 à 23:41
    heureuse de savoir que vous êtes arrivés tous deux à bon port !! malgrè  ces péripéties  ! figures toi, peache, que ce récit m'a replongée dans mes souvenirs et d'une anecdote familiale  en 72  : nous devions changer de gare à Paris  allant à Cauterets pour des cures  nous étions 10 pour ce voyage !! nous  les parents et nos 5 enfts dont un bébé et les grands parents que nous avions emmenés
    nous voici avec pépé, les 2 mémés, le bébé, les 4 "grands" et les bagages dans le métro !!

    au détour d'un croisement de couloirs voilà  la plus grande qui crie : on a perdu Xavier !!! (8 ans )  on regarde, on se retourne  !! plus de fiston  : papa  retourne en arrière et au bout de quelques minutes qui nous ont parues une éternité le voilà qui revient avec  le disparu !!! grande joie !!! mais le temps s'écoulait et se pressant, houspillant  les enfants, ménageant les  aieuls  (qui devaient avoir l'oeil sur notre étourneau ) nous sommes montés dans le train  pour les Pyrénées 3 mn avant le départ
     record battu je crois nous avions exactement 41 minutes entre les deux trains en changeant de gare

    cela n'a rien à voir avec votre périple !!  mais ce souvenir est ancré en nous 

    bon séjour en France
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