• voyage au bout de la vie

    voyage au bout de la vieCette nuit, comme toutes les nuits, aussi loin que se portent mes souvenirs, j'ai rêvé. Une voisine, un peu parente, un peu cousine, m'avait dit un jour, il y a déjà bien longtemps, qu'il faut rêver pour être heureux. Je suis donc un homme heureux, mais, à mon grand désespoir,  mes songes ne me laissent que très rarement des réminiscences suffisamment nettes pour vous être contés.         
    Cette nuit, pour une fois, j'ai gardé un souvenir précis de mon escapade onirique.
    Il y avait  un petit oiseau, gris, malingre, dont l'aspect était  loin, très loin  des flamboyants oiseaux de paradis. C'était  un tout petit oiseau sans grâce, sans voix, n'inspirantvoyage au bout de la vie qu'indifférence, et qui, perché sur une branche regardait curieusement et  sans indulgence mais avec peut-être quand même un peu d'envie, les humains vivre sous les frondaisons du bourao qui lui servait d'observatoire. Il les voyait, gros, riches et gras.         
    Le petit oiseau gris et malingre avait déjà vécu bien longtemps, et,  selon lui, ces humains qu'il contemplait étaient  loin, très loin de ceux que, jadis, les Dieux avaient créés.
    Il les avait vus se trahir, se haïr, se battre, se combattre, se débattre avec leurs petites bassesses , qu'ils  tentaient de transformer en triomphes, mentir, tricher, s'entretuer au nom de tout et de n'importe quoi, parfois même pour rien.
    Il les voyait maintenant ramasser des pierres pour le chasser, car ils le trouvaient laid, pauvre, petit et malingre.           
    Et il ne les comprenait pas,  puisque, étant lui  aussi issu des œuvres du même créateur, quelque part, il leur ressemblait, mais lui n'éprouvait pas de haine, pas d'envie, pas de violence. Il voulait simplement manger pour finir en paix sa petite vie de petit oiseau gris et malingre.         
    Mais il leur était à la fois tellement semblable et tellement différent  qu'ils ne pouvaient le supporter et cherchaient toutes sortes de prétextes afin de s'en débarrasser et se donner, sans honte,  bonne conscience.
    voyage au bout de la vieToute cette agitation attira d'autres petits oiseaux gris et malingres. La faim les avait chassés de leurs nids, là-bas, dans les Suds oubliés, au delà des sables. Les migrateurs leur avaient appris que là-haut, dans le Nord, il y avait beaucoup de graines, et que la vie était bien plus facile pour eux, oiseaux, et qu'ils pourraient y élever aisément leurs petits. C'est pourquoi  ils venaient par  centaines, par milliers.         
    Il en vint tant que le ciel se cacha derrière leurs hordes indisciplinées, si bien que le  bruit des battements  de leurs ailes couvrit celui du battements des cœurs des humains qui, inquiets, effrayés, affolés, coururent cacher leurs fortunes et leurs misérables biens, fermer leurs maisons à double tour.
    Ils  élevèrent des clôtures, et des barrières et  de hauts murs. Ils capturèrent des envahisseurs ailés qu'ils mirent en cage avant de les renvoyer dans leurs cieux arides sur leurs terres sans blé, d'où ils revinrent, têtus, implorants, terribles.
    Ils lancèrent leurs armées à l'assaut des oiseaux..          
    Ils les tuèrent par centaines, par milliers, mais ceux qui tombèrent furent instantanément remplacés par d'autres, plus misérables, plus affamés, plus assoiffés encore.
    Alors les  humains devinrent petits, gris et malingres et
    Ne trouvant plus le sommeil, j'ai allumé la télé. se cachèrent, s'enfouirent sous leurs terres riches, ne pouvant résister à la faim qui poussait ces innombrables petits oiseaux gris et malingres, et ils finirent par se dissoudre et finalement par disparaître.
    Les petits oiseaux gris et malingres alors,  dévorèrent tout, s'empiffrèrent, saccagèrent, se battirent, se déchirèrent et, petit à petit, insensiblement, se transformèrent pour, finalement,   quitter leur statut de petits oiseaux gris et malingres.
    Et ils devinrent, lentement, inexorablement, misérablement, humains.           
    voyage au bout de la vieEt là-bas,  assis sur un tas d'humanités disparues, tranquille, l'Initiateur Originel contemplait curieusement ce qu'était devenue sa création, et pensivement se dit : " je ferai mieux la prochaine fois ", en jetant le trognon de la pomme qu'il venait de finir. En tombant, le trognon fit un bruit de fin du monde qui m'éjecta de mon rêve.
    Ne trouvant plus le sommeil, j'ai allumé la télé .                
    Un reportage était retransmis, montrant d'innombrables  clandestins à l'assaut de Ceuta  et de Melilla, riches enclaves européennes en terre d'Afrique.............
    Nihil novi sub sole disait l'Ecclésiaste 

    images : changera.blogspot.com; com64.over-blog.com; letribunalduweb.fr; sahel-intelligence.com 


  • Commentaires

    2
    Samedi 4 Août à 09:33

    Ton rêve est en fait réalité....C'est un éternel recommencement.les Corses et les Italiens  sont partis aux  Amériques . A qui est devenu illustre gangster a qui est devenu Président de la République ! C'est la vie.....

    Une pensée pour tout ceux qui souffrent....

    Bon samedi.

    1
    Samedi 4 Août à 08:16

    On ne peut rien dire tant tout cela est consternant, la fin approche à grands pas et chacun ne suit que son égoïsme

    Amicalement

    Claude

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