• suspicion

    Pour faire suite à ma précédente chroniques, je reviens sur un article que j'avais posté il y a quelques temps, concernant la suspicion d'innocence, qui me parait circonstanciel:
    Ces derniers temps, vers où que se tournent nos regards, nos yeux ou nos oreilles, il n'est question que de personnages plus ou moins célèbres, que tous les médias, les radios cocotier ou les brèves de comptoir disent plus ou moins coupables de crimes, de méfaits divers plus ou moins horribles , ou de campagnes plus ou moins régulièrement financées. 
    Il n'est bien entendu pas de mon propos de donner un avis sur les "affaires" concernant les  dits personnages, puisque je ne connais de ces affaires que ce qu'en disent 
     les membres des diverses presses, qui sont, dit-on, généralement bien informés, mais  font néanmoins  un usage aussi intensif qu'exhaustif du conditionnel, mode du doute et de l'incertitude....ou de la prudence...
    Mais on entend, lit ou voit partout ces mots : présomption d'innocence . Et cette sisuspicion d'innocence discutée présomption me turlupine, et provoque presque sous mes cheveux une entorse aux méandres de mon pauvre vieux cerveau. J'ai donc décidé, avant de devenir maboul, d'essayer de comprendre. 
    Et je vous livre ci-
    dessous le fruit de cette réflexion :
    Quand on est présumé innocent, on est dans une étrange situation, car il faut, obligatoirement, avoir préalablement été soupçonné de culpabilité. 
    A quel moment la présomption d'innocence a-t-elle remplacé la suspicion de culpabilité? Quelle pierre philosophale a permis cette subtile transmutation ?
    Tant qu'on n'est pas condamné, on est innocent,  c'est la loi qui le dit. On est donc innocent, même quand on est suspect, ce qui pourrait paraître paradoxal à un esprit pointilleux. Car, en effet, pourquoi déférer un innocent devant les tribunaux? Parce qu'il est suspect ? Mais suspect n'est pas coupable, puisqu'il faut être condamné pour être coupable….
    Donc, on condamne des innocents. C'est faux, direz-vous. Bon. Alors, on condamne des coupables, ce qui pourrait paraître logique. Seulement on n'est coupable que quand on a été condamné, mais pas avant. Kafkaïen, non ?
    Asuspicion d'innocencelors, on va dire présumé coupable. 
    Oui, mais on peut dire aussi que si on présume, c'est qu'on n'est pas sûr. On est donc innocent, au bénéfice du doute. 
    Mais c'est évidemment la même chose en ce qui concerne l' innocence: 
    Si on est présumé innocent, c'est qu'on n'est pas sûr de l'innocence, et par conséquent, on est coupable au bénéfice du doute. Dans tous les cas, on est coupable, ou supposé tel. Or, en cas de doute, ce dernier bénéficie à l'accusé. Qui, comme le dit la loi, n'est coupable que s'il est condamné. 
    Donc, on acquitte les coupables, ce qui est pour le moins amoral. En droit, la présomption est tenue pour vraie jusqu'à preuve du contraire. 
    Cela marche quand on est présumé coupable, on est donc sûr de la culpabilité. 
    De même quand on est présumé innocent, on est sûr de l'innocence. 
    Alors , pourquoi juger ? 
    Un tribunal est-il nécessaire pour condamner quelqu'un à être innocent ? Celasuspicion d'innocence ouvre des perspectives alléchantes à tous les tyranneaux et autres dictateurs en puissance traînant leurs sabres sur la planète !
    Il est, de par le Monde, des endroits on ne s'embarrasse pas de toutes ces subtilités. On demande seulement à la centrale électrique locale d'être en service tel ou tel jour, et d'être en mesure de fournir la décision de justice à l'ampérage adéquat. C'est simple, rapide, et certains, chez nous, voudraient bien imiter cette procédure. 
    Mais nous avons cette fameuse présomption d'innocence. Et, étant de la Vieille Europe, nous n'avons pas de chaise électrique. En effet, chez nous, ce moyen de régulation de la population pénale n'est pas considéré comme suffisamment fiable, en raison, notamment, du droit de grève.
    Pour conclure, ne présumons pas de nos forces, et espérons qu'un jour il ne suffise pas d'être suspecté d'innocence pour être présumé coupable. 
    En attendant, je vais prendre un cachet, pour détendre mes neurones..


  • Commentaires

    5
    Vendredi 2 Juin à 15:20

    Le problème c'est que quoiqu'il advienne tu dois prouver ton innocence et là il y a de bons avocats qui peuvent t'aider même si tu es présumé coupable.....

    4
    Vendredi 2 Juin à 07:52

    Et un cachet pour moi aussi s'il vous plait!

    Kisetoj mon cher Peache.

      • Vendredi 2 Juin à 10:03

        attention, l'abus de cachet peut mener à la Bastille

        kisegoj, kara!

    3
    Vendredi 2 Juin à 07:06

    Je crois aussi qu'à le fin de cet article je vais aller prendre une aspirine

    Amicalement

    Claude

      • Vendredi 2 Juin à 10:00

        bon, d'accord, c'est un tantinet touffu, mais c'est vrai, non ?

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