• Séparation, pouvoir et occasion perdue

         Depuis la naissance de la république, c'est bien connu, les pouvoirs sont séparés.      Enfin, en théorie, car, depuis quelques années, quelques petits aménagements entre amis sont venus un tantinet modifier cette belle ordonnance.
    Bon jour !   La plus récente de ces interventions aussi intempestives que maladroites est survenue à la suite de la mort atroce d'une jeune femme et l'arrestation d'un homme qui est supposé être à son origine. Tous les médias ont déclaré cet homme coupable, ( il a déjà commis des crimes, mais rien ne prouve qu'il a commis celui là.) Mais cela n'arrête pas le chevalier blanc. ...
       Toujours heureux que la presse parle de lui, l'époux de celle qu'onBon jour ! homme bizarrement la première dame de France, s'est empressé d'envoyer une des peaux de banane qu'il affectionne sous les pieds des magistrats. Il y a eu faute, et il y aura des sanctions, a-t-il dit, perdant ainsi une belle occasion de se taire.
            Garde à vous, silence dans les rangs, exécution !
        Seulement voilà, le silence dans les rangs relève d'une utopie aussi douce qu'aventureuse, et les juges ne l'entendent pas de cette oreille (le commandement: silence dans les rangs étant toujours donné d'une voix forte, puisqu'il lui faut surpasser le tumulte ambiant...)
         Et ils sont rejoints par les syndicats de policiers. Les gendarmes, policiers aussi, mais sans droit de syndicat, attendent avec philosophie la suite des évènements, mais n'en pensent pas moins ( si si si, les flics pensent aussi )
        La ponctualité de ces ingérences dans les prérogatives des autres, et la désinvolture avec laquelle elles sont faites, les coupes sombres dans les effectifs, l'accroissement exponentiel des tâches contribuent à la détérioration de la justice.             Cette dernière, souvenez vous, doit-être rendue dans le calme et la sérénité. Il est pourtant simple de se rendre compte que des policiers et des magistrats stressés, surmenés, déconsidérés et montrés du doigt par le pouvoir ne peuvent effectuer unBon jour ! travail serein.
       Gouverner, c'est prévoir, disait quelqu'un (1). Mais c'était il y a longtemps. Maintenant, gouverner, c'est légiférer à outrance sans prendre les décrets d'application, parler beaucoup, et dire n'importe quoi n'importe ou.
           Mais le suffrage universel a parlé.
           Alors de quoi nous plaindrions-nous?

     

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    (1) Emile de Girardin, (1806-1881)


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