• rythmes et blues

    rythmes et bluesHier, en parlant du rapporteur, j'ai fait allusion à l 'école communale.
    Ce matin, comme tous les jours et tout le monde, je suis assoiffé d'informations, et comme tout les jours et comme tout le monde, je suis dépassé par les élucubrations qui naviguent sur ce bateau informatique, dans les imprimeries des journaux, sur les ondes de la T.S.F. Et, aussi évidemment , sur l'omniprésente télévision.
    Pour la énième fois, moult articles sont consacrés à ce serpent de mer increvable qu'est le rythme scolaire. J'avoue, sans honte, ni complexe, ne pas comprendre grand chose au galimatias qui nous est proposé.
    Et, puisque je suis ( mais si, mais si ) un homme honnête, je reconnais n'y appréhender goutte, n'y entraver que dalle, n'y piger que pouic.
    En somme, dans le bon vieux français qui me fut enseigné , parfois virilement, par des hussards de la République, je n'y comprends rien.
    De quoi parle-t-on finalement ? Des rythmes scolaires. C'est à dire, si je me souvient bien des cours de mon cherrythmes et blues professeur de français, de la fréquence journalière, hebdomadaire, mensuelle et annuelle de la fréquentation des écoles par les gamines et gamins qui sont vont assurer le fonctionnement de la République quand leurs aînés n'y seront plus, comme dit si bien la Marseillaise.
    En l'occurrence, les aînés, c'est nous autres, chers collègues vieux ou en instance de le devenir. Bien que la perspective de notre disparition ne soit point une réjouissante espérance, il faudra bien qu'un jour que nous partions aux chasses éternelles, n'est-il pas ?
    rythmes et bluesNéanmoins, et bon sens en plus, nous autres sexa, septu et autres octo , voire nonagénaires, avons fréquenté la communale, en apportant des bûches en hiver, en blouse noire ou grise ou tablier de couleur suivant notre genre ( qui n'était pas l'objet d'une théorie ), couverts d'une pèlerine taillée dans une vieille couverture de soldat, les pieds presque à l'aise dans chaussures à semelles de bois (non, pas des sabots, des chaussures, ce n'était pas au 19ème siècle !).
    Du lundi matin au mercredi soir et du vendredi matin au samedi soir, de 8 heures à 11 heures et de 13 heures 30 à 16 heures 30 (18 heures pour les veinards qui allaient à l'étude) soit entre 6 et 7 heures30 par jour. Et quelques heureux élus, dont j'ai fait partie, étant enfants de chœur, servaient la messe à 6 heures (du matin, nous ne sommes pas grands bretons!), une semaine tous les deux mois.
    Sans ramassage scolaire, bien entendu.
    Des semaines bien remplies, au cours desquelles ont nous a farci la tête d'accords de participes, de théorème de Pythagore, de la magnificence du monde et de son Histoire.
    La plus grande part d'entre nous est entrée dans la vie active à 14 ans, d'autres ont suivi les cours de centres d'apprentissage, et quelques élus sont allés jusqu'à ce baccalauréat qu'on n'attribuait pas à la louche, en fonction de statistiques. Il y eut même des universitaires dans nos rangs. Mais c'était vraiment l'élite.
    Nous avions 15 jours de vacances à Noël, autant à Pâques et 2 mois et demi en été. Et nous ne sommes ni idiots, nirythmes et blues incapables, ni épuisés, même si nous avons fait et subi la guerre ou effectué 28 mois de service militaire.
    On nous y a tiré les oreilles, mis au coin, punis et récompensés, en un mot éduqués, sans que nos parents, qui avaient vécu dans les mêmes conditions, ne viennent demander des comptes à l'Instituteur , ou à l'Institutrice.
    Il est vrai que nos Vieux se chargeaient, eux, de nous élever, malgré leurs métiers et les difficultés de la vie.
    Il est vrai aussi, et peut-être surtout, que l'ENA, Science Po et autres usines à technocrates n'avaient, pour notre bonheur, pas atteint leur production actuelle.
    T'en fais pas , Papy, les temps changent, me dit mon petit fils .
    Bien sûr, mais changent-ils en mieux ?
    Je voudrais bien le croire.

    photos :copainsdavant.linternaute.com ; www.lemonde.fr ; ecole.de.ciez.pagesperso-orange.fr ;permanentcultures.com 


  • Commentaires

    4
    hem59
    Dimanche 1er Juin 2014 à 07:56

    En ces temps là, je suis sensiblement de ton âge, peache, j'ai du renoncer à mon rêve : devenir instit ! en effet j'ai connu l'usine à 14 ans !  usine textile, bien sur, étant de ch'nord, 40 minutes à pieds pour y arriver, je faisais 55 heures par semaine : de 7 h à 12 h et de 13 h à 18 h chaque jour (je rentrais chez moi vers 19 h) et de 7 h à 12 h le samedi matin.

    Je me souviens encore des recommandations de mon institutrice que j'allais voir régulièrement, recommandations et conseils qui sont toujours vivaces dans mes pensées, "continuez de lire, me disait elle, continuez de vous cultiver ( eh oui elle nous vouvoyait).

    L'heureux temps de l'école, heureux temps de l'enfance, où es tu ?       Claudine  

     

    3
    Vendredi 30 Mai 2014 à 08:21

    @cathij

    pas si loin que ça, à peine 28 heures! Si tu parles de la Décroissance des Casseurs de Pub (52 rue Crillon - BP 36003 - 69411 Lyon cedex 06,) je trouve l'idée excellente et le but ma foi bien humain. Si tu parles de l'économie, il me semble que ceux qui en sont chargés sont soit des sots, soit des inconscients, soit de voleurs, soit les trois à la fois. Si tu parles  des heures de travail, je pense qu'il est possible que tout un chacun en profite, à condition que le même tout un chacun accepte de faire un petit effort. Si tu parles de la taille des échalotes au pays des merveilles, il faut empêcher le lapin blanc de les manger, car elles ont peur et se tassent.... Cela répond-il à tes attentes ?

    2
    cathij
    Vendredi 30 Mai 2014 à 07:29

     bonjour ,

    que penses-tu de la DéCROISSANCE ?

    bien à toi qui est là-bas si loin

    Cathij

     

     

     

     

    1
    Dimanche 25 Mai 2014 à 08:02

    Plus personne n'y croit, même pas les enseignants, nos maîtres et maîtresse aimaient leur métier, ils croyaient à leur travail et quand ils nous croisaient 10 ans après la fin de nos études, ils nous reconnaissaient et ne manquaient pas de s'enquérir de ce que nous faisions de notre vie, et ils n'hésitaient pas si besoins de nous prodiguer des conseils, voir des recommandations, ils étaient content quand ils nous sentaient heureux de notre sort, et si nous avions réussi socialement, que nous devenions importants, ils étaient fiers de leur travail et ne le masquaient pas, mais ces enseignants là connaissaient la vie

    passe une belle journée

    amicalement

    Claude

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