• réseaux "sociaux"

     réseaux "sociaux"L'incertitude de nos temps semble pousser nos contemporains à l’empathie, voire à la sollicitude  pour les autres,  des japonais aux  inuits, des zimbabwéens aux nicobarais,  en passant  par les turkmènes et les sarhaouis,  en fait pour n’importe qui, pourvu qu’il soit aussi exotique que possible.     
    C’est peut-être un moyen d’éviter  les guerres, car quand on parle avec un interlocuteur très éloigné, on ne risque pas de lui mettre une baffe. Ni d'en prendre une...  Ce qui pourrait se produire avec un voisin… 

    Cette nouvelle interrelation a des effets insoupçonnés. Naguère, la chaleur du contact était proportionnelle à la distance : plus tu es proche, plus je t’aime. Grâce à internet, elle est inversement proportionnelle à la distance. Plus tu es proche moins je te connais. 
    C’est ainsi que des gens  sont informés du décès de leur voisin de palier par l’odeur de décomposition qui se dégage de son appartement. 
    Mais ils  ont des nouvelles  instantanées de leur "ami" des antipodes, et, avec un peu de chance, ils peuvent  apprendre de lui le décès de leur voisin.
    C’est ainsi que des gens  sortent de nos vies ou tout au moins de nos entourages sans même être entrés dans nos champs de vision,  la distance entre les appartements  ayant pris les dimensions du désert de Gobi. 

    M. Einstein, en tirant la langue aux imbéciles de tout poil depuis  son nuage  doit bien rigoler de cette démonstration de sa théorie de la relativité. Ces "communautés"  dans lesquelles  l’humain Lambda  peut faire connaître aux mondes ébaubis les détails de sa vie intime, ses joies, ses peines, ses désirs, mais surtout ses phantasmes (1) et ses refoulements. 
    Et, heureux, comme Ulysse rentrant à Ithaque, le voilà attiré, inscrit, devenu, Ô Gloire ! Membre de la Communauté !!!  
    Il est aussitôt phagocyté, empêtré, englué , mais il ne le sait pas encore.   
    Quand il s’aperçoit de ce que les éléments  qu’il communique sont  utilisés  par n’importe qui pour faire n’importe quoi, l’humain Lambda essaie et essaiera  et encore de  retirer, effacer ou cacher ces foutues informations. 
    Seulement voilà. Macache bono. Pas moyen. 
    Il est devenu membre de la communauté pour l’éternité. 
    Même si il jette son ordinateur aux orties, même si il change de "login"  n’importe quel quidam réseaux "sociaux" pourra "d’un simple clic" tout savoir sur lui.
    Même - et surtout – ce qu’il a inconsidérément indiqué dans son "profil", ce dont  tous les autres "membres" pourront  se délecter.. 
    Belle démonstration, non ? 
    Je viens de m’apercevoir que je fais exactement ce que je dénonce.... 
    Ça me rassure. Je suis comme tout le monde. On finirait pas se croire exceptionnel, quand on n'a ni  clavier ni écran pour interlocuteur......
    ____________________

    (1) je sais; des modifico-novateurs inclusifs ont décidé bêtement d'écrire ce mot avec un f, mais bof, hein, n'importe qui dit n'importe quoi dans les hautes sphères de "l'éducation", alors...

     images : plnarticles.com ; bmirgain.skyrok.com


  • Commentaires

    3
    Mercredi 8 Novembre à 09:07

    La toile est devenu inextricable et fait de plus en plus de victimes.Je ne suis pas sur les réseaux sociaux qui ne sont que pure illusion . A force de vouloir être  comme tout le monde on est personne !

    Bonne journée.

    2
    Mardi 7 Novembre à 09:16

    C'est le mal de notre époque, dû sans doute au fait que les vraies relations sont devenues très difficiles car les gens sont trop pressés et trop individualistes pour tisser des liens avec leurs voisins proches ainsi que bien souvent avec leur famille. On ne pense qu'à soi et on ignore les autres. Mais on va sur le net pour plusieurs raisons:

    - parce que on a besoin de parler et on ne sait plus comment le faire avec son entourage qu'on ne connait pas

    - parce que on est narcissique et on veut publier ses propres photos,  prises sous tous les angles, montrer comme on est  beau et trouver des admirateurs

    - parce qu'on veut avoir plus "d'amis" que les collègues

    - parce qu'on veut raconter sa vie, certaines publications sont des journaux qu'on qualifierait "d'intimes"

    - parce qu'on a besoin de partager les photos qu'on a fait au cours de ses promenades ou de ses voyages

    - parce qu'on veut donner des leçons aux lecteurs, on veut partager son "savoir"

    - parce qu'on veut donner son avis sur tel ou tel évènement

     - parce qu'on cherche à rencontrer, même virtuellement, des personnes partageant les mêmes centres d'intérêt...

    Plein de raisons différentes, les réseaux sociaux sont devenus des déversoirs pour le trop-plein que chacun porte en lui, mais la principale raison est, je pense, de meubler la solitude que ce monde artificiellement connecté ne comble pas.

    Kisetoj mon cher Peache des Isles.

    1
    Mardi 7 Novembre à 08:23

    C'est bien pour cette raison qu'il faut rester très discret sur les blogs comme sur les réseaux sociaux, et si on se sent assez en confiance pour faire des confidences, il faut mieux les faire en privé que de la placer au vu et au su de tout le monde, cette discrétion ne gène en rien les échanges d'idées, et comme tu le dis, on arrive à avoir plus de difficulté à savoir ce qui se passe sur le même palier que de savoir ce qui se passe à l'autre bout de la terre

    Amicalement

    Claude

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