• questionnements

    Depuis un peu trop longtemps à mon goût, il pleut sur la Baie, et les jolis gris qui m'enchantaient il y a quelques jours réussissent presque à faire oublier les tout aussi enchanteresses nuances de bleus qui me transportent .
    Il faut de tout pour faire un monde, dit-on, surtout quand on n'est pas content du "tout" qui nous échoit.
    questionnementsLa Mouette et le Héron, qui ont passé quelques temps les dieux seuls savent où, sont de retour et , ayant eu l'impression qu'ils avaient beaucoup à dire, je me suis approché d'eux en catimini.
    Je dis bien en catimini, car ces volatiles sont susceptibles, et si ils soupçonnent la moindre petite idée de curiosité intempestive, ou l'approche d'un des chats qui hantent nos aîtres bordemeresques, ils prennent leur envol, en battements d'ailes dédaigneux voire méprisants, et vont se percher, drapés dans leur dignité, sur le bourao ou un quelconque palétuvier.
    Ils ont raison, car Patton et Rantanplan l'un pansu noir et blanc et l'autre étique roux, aussi différents que Don Quichotte et Sancho Pansa, mais tout aussi aussi évaporés que le chevalier à la triste figure, amoureux fous qu'ils sont de leur Chimène, l'affriolante Kata, l'impudente chatte des voisins qui leur questionnementsvole sans la moindre vergogne leurs croquettes pendant que ces deux transis se pâment autour d'elle.
    Or donc, ce matin, assis les jambes pendantes au-dessus de l'eau grise, j'ai patiemment attendu qu'ils s'approchent et entament les échanges, car ces sacrés foutus ovipares ailés considèrent qu'ils ont l'apanage de l'engagement de toute conversation.
    Et ils ont parlé, parlé, parlé, sans souffrir la moindre interruption, la plus petite ombre de question.
    Et ils ont décrit Palmyre et ses ruines, et Bruxelles en ensanglantée, et Paris, et Islamabad, et les terres ruinées où on crève de faim, et les masses informes et misérables des malheureux fuyant leurs maisons en feu pour des poubelles où ils s'entassent désespérément.
    Ils ont dit les traîtrises, les promesses, les grandeurs et les bassesses des petits et des grands du monde.
    Ils ont dénoncé les mensonges éructés au nom de raisons d'états par des gens sansquestionnements raison . Longtemps, ils m'ont relaté ce dont les hommes sont capables, avec quand même quelques belles histoires
    Puis, enfin, en me regardant au fond de l'âme, ils m'ont en chœur déclaré : "C'est ça, l'Humanité ? Bravo, l'homme civilisé est vraiment supérieur à l'animal sauvage. Heureusement, quelques uns de tes semblables sont dignes d'être des animaux..............".

    images :fr.dreamstime.com ;twitter.com;  appac.e-monsite.com 


  • Commentaires

    4
    Mardi 5 Avril 2016 à 23:12
    Je demeure tout à fait d'accord avec toi.
    3
    Lundi 28 Mars 2016 à 14:14

    Le pire de la nature humaine ensanglante nos villes c'est infiniment triste et écoeurant. Comme Triskèle j'ai mes animaux pour m'apporter un peu d'humanité.

    2
    Lundi 28 Mars 2016 à 08:12

    Bonjour Peache, je suis dans le même état d'esprit que toi, même si je n'ai pas les jambes qui pendent du ponton.
    Je voudrais aller vivre dans une tribu perdue que l'on dit "sauvage", loin de toute "civilisation" parmi ces humains dignes d' être des animaux.
    Je ne parle plus guère qu'à mon chat, qui lui me comprend bien.

    Bonne journée tout de même, bises.

    1
    Lundi 28 Mars 2016 à 07:59

    On ne nous montre que le plus laid de l'humanité, mais je sais qu'il reste par endroit de très belles âmes aimantes et généreuses, mais personne ne désire en parler, ce n'est pas commerçant

    Amicalement

    Claude

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :