• Passage

          Un mien ami, parkinsonien, trouvant lassants et trop insipides les exercices donnés en rééducation, a décidé, avec une orthophoniste, de réaliser un petit livre  de textes remplis d'allitérations et d'humour intitulé Pot-pourri parkinsonien, édité évidemment  à compte d'auteur,  en le dédicaçant aux handicapés, ses compagnons d'infortune.
          Au cours d'une réunion, quelques amis poètes ont réalisés quelques textes et nous lui avons offert.
          Voici le mien , intitulé Passage  
         Un passant  pas sage passant dans un passage très passager dépassa un passant qui passait sa ceinture dans un passant. Au passage, le passant posa un regard sur une passagère  qui passait  son temps à passer ses doigts dans ses cheveux pas sages.  Ce passant, pas sage,  passa la main sur le dos de la passagère,  dont le front passa au rouge. Pas de passe dans  ce bouge ! Cria-t-elle. 
         Passez la main, passant ! C'est ce  que j'ai  fait, ma  belle, en passant au crible les passe-temps terribles des passants pas sages aux passés pas sûrs,  lui rétorqua-t-il au passage. 
          Pendant cette aventure,  Certains passants, pas sages, ayant outrepassé leur besoin
    de passe-tout-grain,  n'ayant plus le pas sûr,  passaient le test du passage étroit. Ils devaient  passer pas a pas sur une  planche à repasser  et se surpasser pour franchir  cette passe,  sans tour de passe-passe. Leur examen de passage était réussi quand ce passage se passait bien.  Sinon, ils devaient repasser aussi partout où ils étaient passés et pour cela repasser tous  les passages de leurs leçons. Si tout se passait bien, sans frisson,  ils passaient une chemise repassée , et passaient au passage suivant. 
        Ailleurs, devant un cirque, ou  devant une salle où il  attend  un spectacle, le passant entend au passage : Passez la monnaie,  passants, vous passerez du bon temps  toute la journée !
         Oui, pensa le passant, car je suis dans la nasse,   dans une mauvaise passe, et que n'importe quel passe temps est le bienvenu,  quoi qu'il fasse.        Je ne sais pas ce qui se passe. le temps passe, si je ne suis  pas sage, je peux être passé à tabac, et ce passage  est difficile à passer, car ça passe ou ça casse.  On en trépasse  parfois. 
         On ne  parle plus alors qu'au passé de celui qui n'a pas eu un passé sans passage pas sage .
            Puisse cet essai servir un jour à quelqu'un ...

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  • Commentaires

    5
    peache Profil de peache
    Samedi 9 Janvier 2010 à 21:08
    les poètes sont des créateurs de mots,  des forgerons d'idéal, ils disent l'inutile et le grandiose, ils chantent  la liberté et les amours joyeuses ou terribles, ils sèment les fleurs de l'espoir , et c'est normal, puisque, comme disait Cocteau, ils se souviennent de l'avenir...
    4
    hem
    Samedi 9 Janvier 2010 à 18:33
    Bienheureux ceux qui savent rire d'eux mêmes, ils n'ont pas fini de s'amuser !!!!

    Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux, ils seront appréciés de leur entourage !!!

    3
    Mayaa
    Samedi 9 Janvier 2010 à 15:19
    C'est peut-être difficile pour un simple exercice phonétique, il y a des mots qui n'existent pas, je crois. Mais il se dégage une grande poésie de ce texte, je trouve. J'aimerais écrire aussi bien ;-s
    2
    peache Profil de peache
    Samedi 9 Janvier 2010 à 03:11
    l'abeille butine, et lit, et pense et transmet ! bravo,  butineuse poète. je transmettrai à Jo, qui s'en repaîtra , c'est sur !
    1
    Mayaa
    Vendredi 8 Janvier 2010 à 23:02
    Me penser à un joli poème lu sur la toile, y a pas longtemps :

    il faut pousser les déclinaisons

    par Irish

     

    je catalogue
    tu catastrophes
    il cataplasme
    nous catapultons
    vous cataractez
    ils catharcisent

    je chante
    du soir au matin
    et poire et pépins
    la foire de Provins
    c’est plein à beuvoir
    c’est plein de gratin

    ça fait du bien
    ça met le plein
    pas d’estrelin
    pas d’air sans rien

    carcassien
    carnassien
    parnassien

    les reins
    l’air un

    tiens

    tu l’auras tu l’auras

    il faut pousser pousser les déclinaisons

    il pousse il pisse il passe il paisse
    il bouse il bise il base il baise
    il glousse il glisse il glace il glaise

    rideau ridé ridule ridicule ridibitur ridibitoire

    je te donne
    tu te cognes
    il se donne pas la peine

    je donne toi tu cognes à toi les rognons de toi toi bisogne je je sogne chez toi je sonne [appartient à l’ensemble] toi

    c’était avant et durait
    ça a été avant et ça a été ponctuel
    c’était avant et c’est encore
    c’était avant et ça n’est plus
    c’était avant mais après encore avant
    c’était encore avant avant
    ce sera après mais quand même avant encore après

    les déclinaisons n’y sont pas


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