• Les idées

           Les idées ne dépendent de la volonté de personne, ni de rien, pas même de leur auteur. Naissant spontanément, elles sont les émanations de la conscience profonde de chaque individu, et la conséquence de milliers d'années d'humanité.
         Une idée seule n'est donc pas libre. Mais une association d'idées est le résultat de la volonté de son auteur. Elle constitue sa pensée, dont il est le seul maître, et rien ni personne ne peut obliger un être humain à penser autrement qu'à sa guise, ni l'en empêcher.
         Il faut prendre grand soin de cette liberté de penser sans laquelle il n'est pas d'avenir.
         Parfois, profitant d'un instant propice, une ou deux idées viennent se poser dans un coin de la tête, s'installent, se prélassent, grandissent, deviennent obsédantes, et ne consentent à s'assoupir que lorsqu'elles se savent inoubliables.
         De temps à autre, elles se réveillent, comme pour vérifier le souvenir qu'elles ont laissé, puis, rassurées, s'endorment, offrant à d'autres rêves le libre champ de l'imaginaire. Lentement, au pas tranquille des saisons, idées et rêves s'entremêlent, se complètent, s'harmonisent et deviennent, au temps présumé de la sagesse, le berceau des métissages à venir.
         Dans un monde où on enferme quelques fous pour se persuader que les autres sont sensés, il est une population de rêveurs qui croient encore aux fées et aux dragons : les poètes.
         Ils sont gens heureux, parce qu'ils n'ont guère le sens des réalités, manquent d'ordre et de logique, disent et écrivent des mots qui portent à rêver, à élever l'âme vers un firmament de paix, et tentent de rendre leurs contemporains un peu plus proches de leurs cœurs que de leurs escarcelles.
          Un peu plus humains, en somme
          C'est pour cela qu'il sont, comme les enfants, bien loin de œ qu'on dit être la raison, et c'est pour cela qu'ils sont immortels, car, comme le disait J. Cocteau, ils se souviennent de l'avenir.
           Peut-être le poète n'est il que l'athanor de cette alchimie, et ses mots les instruments de la quête d'une pierre philosophale dont la découverte achèverait son Grand Œuvre: la transmutation de ses rêves en humanité?
           Ou peut-être pas, mais ce serait dommage. 
           Les pensées que je vous confie dans ces chroniques  me sont venues au hasard des circonstances et événements qui ont ponctué les nombreux lustres qu'a duré, jusqu'à présent, mon passage ici-bas. J' essaie de traduire ma façon d'admirer les merveilles que j'ai pu découvrir et, aussi de dénoncer les horreurs que j'ai pu, hélas, rencontrer.
           Peut-être  ne  sont-elles pas en accord  avec  les vôtres. Peut-être  même  vous déplairont-elles.
           C'est normal, et c'est tant mieux, car c'est la preuve que nous sommes libres.

     

     


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  • Commentaires

    2
    Jeudi 10 Décembre 2009 à 10:52
    il ne fallait plus que cette idée jaillisse pour confirmer que tu es

    vieux, enfant, fou, rêveur jusqu'à l' utopie et.... poête, c'est pour ça que je t'aime.
    1
    hem
    Jeudi 10 Décembre 2009 à 06:33
    idée légère, idée fugace,

    idée fixe, idée tenace !

    mais chacun a besoin des idées de chacun, afin d'alimenter ses propres rêves !
    que serait ce monde sans les poètes ?

    les écrits de ces "sages" que l'on dit fous éclairent la monotonie de la vie quotidienne

    merci !!!



     
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