• la poule Sultane

    Bon jour !

         Au bord de la plage de Poé, à Bourail, où on arrive  après avoir suivi, entre les cocoteraies ,  le cours tranquille de la Néra et être passé près   de la Baie des Tortues, on trouve, picorant tout ce qui tombe  avec un culot  monstre, toute une théorie d'oiseaux allant du merle des Moluques au corbeau calédonien, en passant par l'inénarrable poule Sultane que les modernes ont classée dans la famille des Rallidés, et nommée, allez avoir pourquoi,  Porphyrion Porphyrion.
         Quelques chats fouineurs et gras comme des chanoines les regardent d'un oeil patient et ne cherchent pas à les attraper.
          Même dans sa quête incessante et vorace de nourriture, la poule sultane, avec son dos noir, son ventre bleu nuit à quelques reflets verts, son casque plat rouge sang , sa note  de plumes blanches sous la queue, ses pattes rouges aux doigts interminables,  jamais  ne se départ  de son allure altière .
         Raide comme la justice , elle arpente toutes les pelouses devant les bungalows, prête à se précipiter sur la moindre miette de pain ou sur tout ce qui est susceptible d'être mangé. 
        Ce matin, le soleil ayant décidé d'aller se montrer ailleurs, je m'étais assis sur la terrasse et je regardais ces oiseaux se bagarrer, se voler leurs découvertes réciproques, tout en me surveillant du coin de l'oeil, non par méfiance mais pour le cas où il me viendrait à l'idée de me faire honneur en leur offrant un petit quelque chose. 
         Quand elle trouve  un bout de pain, ou n'importe quoi de comestible, elle le prend dans la patte droite, entre ses longs doigts, soulève sa trouvaille et, juchée sur une patte,  la picore tout en surveillant les alentours, car, chez les  poules sultanes comme chez les hommes (sultans ou pas) l'appétit est générateur d'envie et, forcément, de ce que les uns nomment instinct de survie et les autres vol avec violences.
       Il s'en suit parfois des  bagarres homériques, à grands coups de piaillements,  de coups de bec et de battements d'ailes frénétiques, dont la conséquence est souvent la chute de l'objet de la discorde, qui est immédiatement prélevé par un merle des Moluques ou un corbeau noir qui n'attendait que ça. 
        Tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté disait Baudelaire , qui n'a pourtant probablement jamais mis les pieds à Poé....

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 20 Mai 2010 à 12:13
    poé poête
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