• Kolyna Zircossa

    Kolyna Zircossa

       Kolyna Zircossa régnait sur Utopia depuis quelques petites  années.  Dans  cet   étrange  pays,    situé entre  l’Uruguay Hymalaien et la Mongolie ultérieure,  les rois étaient en ces temps là  élus lors d’un scrutin démocratique, c'est-à-dire  qu’il suffisait d’une voix de plus que la moitié des suffrages exprimés pour  atteindre la magistrature suprême. Ce système amenait parfois les étranges  résultats que je vous laisse deviner.  Mais là n’est pas notre propos.
         Kolyna Zircossa avait donc été élu.                       
        Il avait maintenant le droit de jouer avec l’arc et les  Kolyna Zircossaflèches atomiques, de dire des gros mots en public et au public. Il avait  aussi bien entendu la maitrise du karcher national. Il avait évidemment le droit de mutation de fonctionnaires et en résumé de faire en sorte que ses idées soient reconnues, admises et mises en pratique. Kolyna Zircossa put ainsi établir dans le pays   les conditions permettant aux ploutocrates de ploutocrater en paix. Il était enfin omnipotent.
             Kolyna ZircossaCette élection lui avait aussi donné le pouvoir d’accorder  assez  de   moyens d’existence  aux  autres habitants du pays  pour  les  maintenir  suffisamment   en vie. Ils  pouvaient ainsi  travailler  plus, ce qui  permettait  aux  instances  adéquates    d’obtenir   les   flux  monétaires   suffisant   pour  l’achat   de
     parachutes    en or.  Ces  étranges  engins, dont  l’usage,  nés au-delà des monts, et qui se répandaient sur la planête plus vite que Speedy Gonzalez et le Bip Bip réunis, permettaient  aux  incompétents chassés de l’entreprise qu’ils avaient ruinée  de maintenir un niveau de vie compatible avec leurs ambitions.
         Kolyna Zircossa , depuis sa plus tendre adolescence ambitionnait d’atteindre ces sommets .  Il y avait pensé tous les jours, en se levant le matin,  en déjeunant, en dinant,  en parlant, en s’endormant le soir. Il en rêvait toutes les nuits. En courant dans les bois, en changeant d’épouse, en dirigeant de main de maître les argousins du pays voire en s’initiant aux mystères de la finance, il en avait rêvé. 
         Vous pensez bien qu’il n’avait pas l’intention  de quitter ce poste sans avoir atteint tous ses buts, et ils  étaient bien  sûr nombreux.
         ll faut dire  qu’il  ne ménageait pas sa peine,     Kolyna Zircossaencensant l’un d’une médaille, sanctionnant l’autre    d’un mot saignant, courant le monde, étant présent dans tous les journaux, toutes les radios,  sur toutes télévisions, dans toutes les communes,  presque dans tous les pays du monde,  consolant l’un,  soutenant l’autre,  déniant au
    troisième, démontrant à tous sa puissance et sa presque ubiquité. 
       Kolyna Zircossa  rêvait d’ amener son Utopia au niveau de splendeur d’un autre pays, situé au-delà des monts, étrange contrée où des universités enseignaient les mêmes matières que celles qui étaient en cours avant Galilée dans le Vieux Monde, où n'importe quel fils d'immigrant pouvait devenir Président, où l’argent était maître de tout, et ou Dieu était omniprésent. 
        Et, surtout, le président de cet Eldorado avait un avion.
       Qui lui était réservé, avec tout et tout à son bord, de la baignoire au bureau en passant par tout ce qui pouvait lui servir ou être susceptible de lui servir.
       Et Kolyna Zircossa l’avait obtenu. En fin manœuvrier, il avait enfin réussi à se faire acheter un avion.  
            
    Kolyna Zircossa
        Bon d’accord, c’était un avion d’occasion, et il y  avait
    beaucoup, beaucoup de travaux très onéreux  à effectuer dessus pour le mettre à l’échelle de Kolyna Zircossa, mais qu’importe ?
         Il avait maintenant son avion. 
         Et bientôt il pourrait, lui aussi, enfin,  survoler le monde.
                                Son monde.

     

                                                               

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    6
    el mektoub
    Jeudi 4 Juin 2009 à 13:32
    je m' esclaffe également! CQFD, la lessive n' et pas notre achat quotiiden, notre rire suffit, le rire n' est-il pas le propre de l'homme (juste pour ceux qui achètent super croix 73, ou persil anti-redéposition.)
    5
    peache Profil de peache
    Jeudi 4 Juin 2009 à 07:49
    il ivraie que les mots sont parfois du bon grain et donnent à moudre aux encenseurs. mais ils ont un gros, très gros avantage: ils défoulent celui qui les écrit, et parfois, avec un  peu de chance, ceux qui les lisent. En tous cas, moi,  ils me font  rigoler, donc je suis un homme propre 
    4
    joliemeuniere
    Jeudi 4 Juin 2009 à 07:05
    un seul regret ! c'est que peu importe ce qu'on en dit ! on en parle ... trop ! et tout ce qu'on en dit sert sa puissance, danger des mots !
    3
    Bernard Rousseau
    Jeudi 28 Mai 2009 à 16:32
    Bien déjantée cette réalité-friction... Comme je les aiment!
    2
    el mektoub
    Jeudi 28 Mai 2009 à 09:43
    je vois que l'idée de la croix verte du 1er avril a fait son chemin, c'est bien du toi ça:
    1
    el mektoub
    Jeudi 28 Mai 2009 à 09:42
    Mais il y a une faille , une grosse, Dieu est grand (lui)!! ton chantre est petit, trop petit dans toutes les acceptions du terme et qui plus est une fois passé, l'olibrius se sera défait des talonnettes et autres estrades qui semblent l'"élever" au moins au niveau du plus petit de ses semblables.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :