• jeuneries et vieilleusetés

    Ce matin, en essayant de me lever rapidement, j’ai pris conscience d’un fait qui m’a surpris : je ne possède plus la souplesse qui faisait ma gloire dans les années 50 du siècle dernier !
    Pourtant, j’ai toujours pratiqué, depuis ces temps quand même assez récents, de nombreuses activités, telles que football, rugby, course à pied, 4 21, belote, tarot, scrabble, Espéranto.
    J’ai même, aux temps de ma période tabagique, tenté, sans succès, hélas, de rouler personnellement mes cigarettes, c’est dire que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour garder  mon corps d’éphèbe athlétique.
    Et malgré tous ces efforts, plus le temps passe et plus les magasins sont loin, plus les escaliers sont abrupts et plus les craquements et divers grincements de mes articulations sont audibles.
    On dit beaucoup sur cette suite d’incidents de fonctionnement ... "carcassique ", les uns la regrettant, d’autres la subissant en gémissant, d’autres encore en acceptent l’inévitabilité, et, comme disaient les Vieux Sages, vivent avec.
    On n’entend plus très bien, ce qui fait croire qu’on est sourd, et libère la parole, d’où quelques modifications de testaments… Pour ceux qui, bien sûr, ont quelque chose à léguer...
    Mais on voit le monde, paradoxalement, pourrait-on croire, avec des yeux neufs.
    En effet, l’importance des choses, des événements, des discours, des promesses et de leurs ...tenues, des attitudes, est prodigieusement relativisée, au fur et à mesure que l’avenir devient de moins en moins lointain !
    Bien que mon optimisme aussi indécrottable que congénital me fasse toujours et encore voir le verre à moitié plein, j’ai bien conscience que l’heure du bilan approche un peu plus chaque jour, surtout quand je me souviens de ma première voiture, cette bonne vieille Aronde que je pensais, comme moi solide et inusable, et qui, comme tout, a fini en tas plus ou moins rouillé.
    Loin de moi la prétention de me prendre pour une Simca, mais, hein…Bon...
    Quand, au détour d’une conversation, d’une moquerie ou d’un constat, j’entends un ricanement à mon égard ou au détriment d’un autre jeune octogénaire, je me revois, il y a quelques semaines d’années, en train de réciter devant notre admirable professeur de Français, ces vers prémonitoires extraits de Booz endormi, dans la fameuse Légende des siècles du grand Victor, :

    jeuneries et vieilleusetés...Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme,
    Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.
    Le vieillard, qui revient vers la source première,
    Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
    Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
    Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. ...
    Consolant, non ?

    _________________________

    Image : ambroiseduchemin.com

     


  • Commentaires

    4
    Lundi 25 Janvier à 10:35

    On est programmé pour vivre un certain temps.Après il y a la vie que l'on a qui parfois détraque les mécaniques même les plus huilées.La tête heureusement , la volonté aussi font que l'on peut continuer d'avancer même si la rouille a déja entammé la carcasse......Tu as déja vécu plus que ton Aronde c'est dire.....

    Bon moral et bonne semaine

      • Lundi 25 Janvier à 23:15

        et ça, c'est pas de la bricole !

        le moral, c'est une question d'optimisme, alors ...

        Bonne journée

    3
    Lundi 25 Janvier à 07:58

    Bonjour mon Peache, sublime texte, ton esprit lui n'a pas pris une ride!

    Je te rassure tu es quand même bien plus beau qu'une Simca.

    Kisetoj Amiko , bonan semajnon.

     

      • Lundi 25 Janvier à 23:16

        Whawh ! Merci ! J'en suis tout rouge !
        Kisetoj, karega amikino

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