• Hommage aux mots

     

      Les quelques mots  que vous m’avez donné ne sont pas assez nombreux pour construire un monument......

        Mais ils sont là et avec eux, j’ai essayé de leur rendre  ce petit hommage.
        Vous plaira-t-il ? :
      Assises sur une montagne d’humanités disparues, deux ombres claires devisaient interminablement. Avec persévérance, sans procrastination,  le dialogue d’Utopie et d’Espoir  se poursuivait. 
       Ils avaient commencé à regarder le monde  alors que  la Terre   brûlait encore des douleurs  de sa naissance. Ce spectacle extraordinaire leur avait donné l’idée de le décrire et ils avaient inventé les mots, ces outils incomparables, volatiles et pesants, presque magiques, qui donnent aux êtres et aux choses une existence et aux rêves la consistance de la réalité. 
        Grâce à eux, avec eux,   ils avaient commenté  l’émergence de continents, l’écoulement d’océans de glaces  et de feu, l’apparition et la disparition d’animaux gigantesques et mystérieux.
        Ils avaient raconté les innombrables épisodes  de l 'incroyable aventure de ces misérables êtres qui rampaient,peinaient puis se dressaient lentement jusqu’à être debout et devenir cet Homme qu’ils avaient vu grandir, aimer, se battre et tuer et poursuivre  avec enthousiasme ses chimères et  défier les dieux qu’ils l’avaient vu inventer en courant inconsciemment  à sa perte. 
        Ils avaient commenté  avec  force détails les Histoires qui s’étaient déroulées autour d’eux.  Leurs silences étaient tout aussi éloquents et témoignaient du respect  qu’ils portaient malgré tout aux mondes qui les entouraient. 
        Ils parlaient de justice, d’égalité, de fraternité et d’autres choses encore qu’ils savaient hanter l’esprit de cet Homme qui était devenu leur principal voire le seul sujet de leurs interminables entretiens .  Depuis jamais et jusqu’à toujours, sans remettre au lendemain, ils parlaient, parlaient et parlaient encore. Utopie disait sa folle vision d’un monde  sans misère, Espoir, lui, chantait  ses certitudes. 
        Ces deux fous parfois, sans un mot, regardaient au loin, là-bas, au-delà de l’horizon, et dans une sorte de brouillard lumineux ils voyaient leurs rêves se dessiner et lentement se dissoudre pour renaître un peu plus loin. 
        Et l’Homme, plein de ses certitudes arrogantes, leur jetait  un regard étonné par ce qu’il nommait leur verbiage, sans même se rendre compte que sans ces mots, qu’il regardait sans les entendre,  lui-même n’existerait pas.

     

     

     

          

     

     

     

     


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  • Commentaires

    5
    hem59
    Mardi 7 Juillet 2009 à 16:33
    philosophe et clairvoyant, poète et sage, rêveur et réaliste.........

    voilà encore quelques mots pour toi ! Ô, jongleur de mots

    continue à nous charmer avec ces écrits
    4
    peache Profil de peache
    Jeudi 4 Juin 2009 à 22:47
    Mes mots ont toujours battu mes maux, tu le sais bien, misérable!  Ce mémo est valable en  tous  temps mêmes aux temps incertains !
    Ne l'écoutez pas Jolie meunière, ce damné et si cher  mektoub est du même bois dont mon père a fait mes flutes ....
    3
    el mektoub
    Jeudi 4 Juin 2009 à 12:59
    Confiez-lui seulement vos mots "Joliemeunière", vos maux ne feraient qu' attiser  les siens.

    je suis ravi, l' utopie a battu le fou!
    2
    joliemeuniere
    Jeudi 4 Juin 2009 à 06:59
    formidable, je continuerai donc à vous confier mes mots et mes maux. merci.
    1
    Bernard Rousseau
    Jeudi 4 Juin 2009 à 06:47
    Ben tu vois bien qu'avec peu de mots, on arrive à pondre l'oeuforie d'un moment...
    Ce sera donc une figurine aux mots plus qu'un monument, mais en se comparant à l'infini, la grosseur d'un objet est relative, donc sans importance.
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