• griseries (*)

    griseries (*)Les isles des Mers du Sud ont réputation de soleil, de chaleur, de fleurs, de tout ce qui fait rêver les continentaux emberlificotés dans les froidures de leurs hivers.
    Il arrive aussi que Eole et Neptune se chamaillent et perturbent la belle ordonnance des hibiscus, tiaré et autres bougainvillées et bien sûr , parfois, les jolis moutonnements blancs qu’un alizé calin fait frisotter sur la Baie se transforment en furie rouge foncé, colorée par les boues que les pluies sur la Montagne des Sources font charrier à la rivière Boulari .
    Ces derniers jours, un cyclone et une tempête tropicale respectivement nommés Winston et Tatianagriseries (*) nous ont frôlés, l’une au ponant, l’autre au levant, sans s’approcher suffisamment près pour vraiment nous bousculer.
    Ils nous ont juste apporté beaucoup, beaucoup de pluies, en averses, en orages, et parfois en continu, énervant les creeks qui en ont débordé et quelque peu perturbé la rentrée des classes.
    Ces calendes , comme on dit en Lorraine ont aussi énervé ma chère épouse, qui, bien que née en griseries (*)Lorraine, n’a pas apprécié que son linge fraîchement lavé et presque sec soit trempé en moins de temps qu’il n’en faut à une sauce mal avalée pour rendre ma belle chemise importable.
    Néanmoins, au bout du ponton, les lendemains de ces pluies intenses nous donnent la chance d’admirer une palette de gris allant de l’anthracite au gris souris, en passant par le gris chinchilla, ardoise, argentgriseries (*) ou même perle. Ces couleurs qu’à tort on prétend neutres forment, avec les collines sombres de Nouméa, de l’autre côté de la Baie aux eaux aussi calmes qu’un bol de mercure, un tableau puissant, aux variantes qu’on pourrait qualifier d’intonations, aux allures de troisième jour de la Création .
    Il n’y a aucune tristesse dans ces gris, bien au contraire, car, par la discrète et grise clarté d’un soleil timide, on ressent la certitude du retour de l’impensable lumière qui baigne ces gouttes de terre perdues au milieu d’immensités liquides.
    Là, l’orgueil impudent de l’homme est dissous.
    Et, du haut de sa prétention , il devrait être ramené à ce qu’il est, seulement un spectateur de la grandeur du Monde.
    On peut toujours rêver....
    ______________________

    (*) le vin, même gris de Toul, n'y est pour rien...moi aussi, j'ai le droit d'inventer des mots ....

    photos :www.france-images.com ;twitter.comossiane.blog.lemonde.frwww.saintnazaire-infos.fr


  • Commentaires

    4
    chrisdulot
    Vendredi 26 Février 2016 à 10:52

    Pourquoi vous ai-je quitté si longtemps ! vos mots m'embarquent à coup sûr chaque fois.... et je voyage... et j'y suis... et je respire et je sens et je vois... merci mon ami ! mes amitiés à votre épouse et si la chemise est pas mettable rappelez- lui que de "sans chemise sans pantalon" on a fait une chanson  !

    3
    Jeudi 18 Février 2016 à 09:22

    Bonjour

    tu m'as filer la chair de poule non non  j ai pas eu peur pour vous ni pour ta chemise (rire)  mais j'ai chaviré de bonheur devant mon écran  qui est passé dans le gris et un instant,j'etais sur le ponton et je me noyais dans ton royaume et bien Monsieur le gris vous donne de sacrées couleurs poétiques  

    big bisous

     

    2
    Mercredi 17 Février 2016 à 10:16

    Bonjour Peache le poète, Peache émerveillé devant la nature, comme tu as raison. Elle est si belle et si imprévisible, car quand les éléments se déchaînent nous sommes si petits devant les colères du ciel, de la mer ou de la terre.

    Passe une belle journée devant ton ponton, sur ta terre du commencement du monde; bises.

    1
    Mercredi 17 Février 2016 à 08:25

    Chaque région de la terre connait ces moments de paix et ces instants de tourments, mais ou que l'on soit et ou que l'on regarde on ne peut que constater que la nature est belle

    Amicalement

    Claude

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