• Flic ou voyou

    Flic ou voyouDepuis quelques temps, un policier rhônalpin subit les foudres de la justice, de la presse et de citoyens  vertueusement mués en chevaliers blancs.
    Ah que voilà donc un grand criminel !
    Haro sur le "ripou" !
    Flamberge au vent, derrière l'oriflamme du bien propre sur soi, les "bons" se jettent en rangs serrés  sur le misérable qui a fréquenté des malfrats.
    Tout doucement, on revient à ces grands principes qui étaient si généreusement dispensés dans les écoles de police de tout poil  : un policier  (le mot flic était Flic ou voyouencore une injure  et n'avait pas atteint son  statut actuel) un policier, donc se devait de rechercher le renseignements dans la partie saine de la population.
    C'est  dire qu'il ne devait avoir d'autres  relations que "menottières" avec les voyous.
    Mais , car il y a un mais, et d'importance.
    Flic ou voyouIl est très rare que les dites parties saines ( sous entendu édiles municipaux, enseignants, militaires en activité ou en retraite, curés, ou notables aussi divers que pansus donc éminemment respectables etc..) soient au fait - ou veuillent bien condescendre à parler -  des turpitudes, vices et crimes en tous genres commis dans leurs alentours.
    En tous cas, personne n'enseignait, donc personne ne parlait  des malheureusement  indispensables contacts avec la pègre permettant  de "sortir" des  affaires, ou de "serrer" leurs auteurs. Maintenant, on accepte ces contacts, puisqu'il existe une procédure d'indemnisation  des "indics", dans la plus pure tradition  des dénonciations de funeste mémoire. Une sorte de délation réglementée, mais dont les "bons" citoyens ne veulent pas entendre parler.
    Nos bien pensants, respectables et aseptiques contemporains veulent bien, que dis-je: Flic ou voyouexigent,  une société nettoyée, kärcherisée, mais ne veulent surtout pas entendre parler de la lessive utilisée.
    Bien sûr,  l'excès de relations entre flics et voyous peut conduire   à une confusion des genres, et les remerciements de services rendus peuvent devenir envahissants.
    Il est aisé de tracer une frontière, mais, tous les funambules vous le diront, il est bien plus Flic ou voyouardu  de rester debout entre l'équilibre et la chute.
    Et il est si facile d'appuyer sur la tête du nageur qui, en se noyant, emporte avec lui  ce qu'on ne veut pas voir. D'autant plus - et peut-être surtout -  que pendant ce temps, en ne parle pas d'autres choses bien glauques et bien encombrantes  ….
    Bien sûr, c'est mal d'accepter des cadeaux, c'est mal de fermer les yeux, c'est mal de laisser Flic ou voyoucourir, même avec le prétexte  de  solutionner une plus grosse affaire.
    Il y a si longtemps  qu'un  marcheur sur l'eau disait "Que celui qui n'a jamais pêché..... "  qu'on l' a oublié... 
    En condamnant un flic plus ou moins marginal, on libère - ou on étouffe -  sa conscience.
    Les anciens avaient un bouc pour ça.


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