• façons de parler, façons d'entendre

    Les calembours ont, toujours, un fond de bon sens , même s’il faut creuser profondément pour le trouver, n’en déplaise à Victor Hugo, qui, tout en affirmant, dans Les Misérables :«  le calembour est la fiente de l’esprit qui vole » déclare par ailleurs : «  Ce marchand accoudé à son comptoir avide «  phrase citée comme exemple d’hypallage ( du grec hupallagê : échange ), qui désigne une sorte de calembour .
    Prenons pour exemple l’expression le Verbe s’est fait chair, extraordinaire parole biblique formant une des bases de la religion chrétienne.
    Ces mots peuvent être entendus : Le verbe s’est fait cher, ce qui pourrait donner à penser que des dignitaires des différentes Eglises ont, au cours des siècles, tiré quelque profit de leur position, en monnayant la bonne parole dispensée par leurs soins ?
    Bien sur que non !
    Il est aussi loisible d’y entendre qu’un orateur éprouve des difficultés à s’exprimer, le mot cher pouvant alors évoquer d’éventuels accidents, telles qu’aphonie, bégaiement ou absence d’auditoire en raison du prix prohibitif voire du manque d’intérêt de sa prestation!
    La féminisation de l’adjectif peut signifier que le Verbe, ou Parole, nourriture spirituelle, est devenue aimée de tous, tandis que des esprits mercantiles lui auront attribué une grande valeur commerciale.
    Et si le verbe s’est fait chaire, l’Université pourra créer un poste de professeur de calembour, et les ébénistes trouver à écouler les cathèdres qu’ils auront fabriquées pour les évêques, peut-être pour ceux du second paragraphe ?
    Le génial Aristote enseignait oralement, et en marchant. C’est pourquoi ses disciples ont été dits péripatéticiens (du grec peripatein : se promener ).
    Au cours des siècles ce mot a été féminisé et s’est appliqué à des dames ( ou des demoiselles ) travaillant aussi en marchant, logiquement nommées péripatéticiennes. Si ces dernières n’enseignent pas, (encore que..), leur propositions orales ont ( pour certains obsédés seulement , bien sûr, rassurez - vous ) une suite charnelle, on pourrait quand même appliquer à leur cas l’expression: Le verbe s’est fait chair etc parfois même.. cher ( quant au prix ou aux conséquences ? Allez savoir...) .
    Bien que le rapport entre la philosophie d’Aristote et les habitués du bois de Boulogne ne soit pas d’une fulgurante évidence, on ne peut nier qu’il existe un lien, même s’il paraît ténu.
    L’antique hellène n’a-t-il pas enseigné la logique, et surtout établi les bases du syllogisme (toutes les choses rares sont chères. Un cheval pas cher est rare, donc un cheval pas cher est cher…).
    N’est-ce pas là un beau sujet de réflexion ?

     photos: packaginuqam.blogspots.com; amazon.fr; sancerre.cg18.fr; macrame.skynetblogs.be

     

     


  • Commentaires

    2
    Mardi 23 Avril 2013 à 07:47

    Il y a des migraines en vue dans la blogosphère, quand mon ami tient la chaire et qu'il parle de ce qui lui est cher, il le fait du coeur et de la chair

    passe une belle journée

    amicalement

    Claude

    1
    Lundi 22 Avril 2013 à 09:26

    Sherpa trop quoi en penser sauf que le vieil Hugo me déçoit!

    Bonne journée

    yvesd

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