• Faciès électoral

            Réjouissez vous, mes chers concitoyens !

        Bon jour ! La République, qui depuis  un peu plus de deux siècles essaie tant Bon jour !bien que mal  de faire vivre sa fille démocratie , a inventé les élections. Naïvement, ses inventeurs ont cru qu’il suffirait d’expliquer au bon peuple  les programmes envisagés par les divers candidats pour que ledit bon peuple choisisse avec le minimum de risques d’erreur les  personnages qui le représenteraient  et décideraient de son avenir, de son bien être, de tout, en somme.

         C’était sûrement vrai au départ.

        Jusqu'à ce que les candidats aient pris connaissance et  bénéficié des bienfaits du statut d’élu,  qui n’est pas tout à fait celui de l’électeur de base.  Et au fils des scrutins, les élus Bon jour !se sont aperçus qu’il était plus aisé de penser pour les autres que de tenter de survivre dans la jungle d'où ils s’étaient sortis, grâce, justement à ces scrutins .

         De là à  envisager le besoin de  pérenniser ce nouveau statut , il n’y a qu’un pas de poupée allégrement franchi.

         Les programmes n’étant pas extensibles à l’infini,  et, la politique n’étant que ce qu’elle est,    l’image donnée par le candidat prime de loin sur sa véritable valeur.  La République est  ainsi entrée dans l’ère de la petite phrase  vacharde ou pleine de sous-entendus plus ou moins scrofuleux ou comminatoires.

     Bon jour !    C’est ainsi   ( enfin,  selon la presse, qui a , souvent, tendance à un tantinet exagérer, pour mieux  vendre ) qu ’une tempête de protestations s’est élevée quand un candidat du Sud a fait un jeu de mot ( douteux )  relatif au faciès d’un candidat de l’Ouest, et  quand un candidat de ce qu’il est convenu d’appeler l’Ile de France  a fait un mot ( vaseux )  sur l’éventuelle appartenance d’un autre candidat à une équipe de réserve d’un club de football en perte de vitesse.

         La nuance résidant dans le fait que le candidat méridional se moque d’un élu de son propre bord, mais géographiquement lointain,  tandis que l’ " ile de français " se moque de son adversaire direct.

         Vous saisissez  la nuance ? Non ?

         Moi non plus , mais le but de la manœuvre n’est pas d’être compris du bon peuple, mais de lui donner   une image  du candidat. Plus elle sera positive, plus son bulletin  de vote fera maigrir les rangs de l’Autre. Et réciproquement, bien entendu !

         L’Autre désigne l’ennemi, le mauvais,  l'affreux, celui qui apportera la ruine et la désolation, et, pire encore, qui pourrait éventuellement prendre la place.  Et chacun est l’Autre de chacun.

         C’est subtil, finalement . Enfin subtil pour des politiciens, les gens normaux n’en étant Bon jour !plus à ce genre de jeu depuis le cours élémentaire . En effet, pendant que le bon peuple rigole ou se met en colère au sujet des petites phrases, il ne pense pas à son chômage, ou  à son RMI, ou à son RSA, ni à sa CSG, son RDS,  ni  mêmes au  paradis du CDI qu’ il pourrait décrocher après les deux ou trois CDD de purgatoire  qui lui ont permis de survivre, tous ces sigles étant annociateurs d enuages noirs dans son environnement  social.

         Décidément, les campagnes électorales sont de grands moments d’humanité.


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  • Commentaires

    2
    peache Profil de peache
    Lundi 1er Février 2010 à 22:03
    comme quoi les politiques peuvent parfois, inconsciemment, être utiles.
    1
    Mayaa
    Lundi 1er Février 2010 à 15:27
    Moi, je ne dirai jamais de mal de M. Fabius. Il m'a indirectement sauvée d'un bien mauvais pas il y a longtemps.

    Etudiante, je logeais dans une chambre de bonne de l'immeuble juste à côté du sien. Et déjà, à l'époque, M. Fabius avait reçu des menaces, je ne me souviens plus bien, mais en tous cas pas d'un autre politique, mais peu importe... et suite à ces menaces, en tant que ministre il avait réclamé et obtenu un planton devant son entrée, jour et nuit.

    Un dimanche soir, rentrant de chez mes parents en province, j'avais manqué mon train habituel et avait dû prendre celui qui arrivait à Paris aux alentours de minuit. Sortant de la station Luxembourg et remontant la rue Soufflot en direction du Panthéon, j'entends un pas d'homme qui se rapproche de moi. J'accélère, il accélère aussi,til se colle derrière moi et me fais des propositions indécentes avec des mots sales que je n'avais encore jamais entendu.

    Arrivé devant chez M. Fabius, je fais mine d'entrer. L'inconnu voit le policier en faction et décampe sans demander son reste. J'attends un peu près de celui-ci, puis quand le perversl tourne en direction de la rue Mouffetard, je regarde le planton qui me sourit et me fait un clin d'oeil, alors, je luis dis "Vous direz merci de ma part à M. Fabius", je continue jusqu'à la porte suivante et respire.

    Bon. ça n'a rien à voir avec ta note. Juste cela me remémore cet évènement vieux de presque trente ans :))))
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