• Evolution

    Depuis déjà bien  trop longtemps, des gens, aussi humains que vous et moi tentent d'entrer en la vieille Europe, pour tenter d'y trouver une vie plus digne, moins misérable, moins persécutée, moins, moins moins...Cela m'a donné l'idée de rééditer un texte que j'avais "blogué" ici-même, le 30 juin 2009, il a tout juste plus de 6 ans, mais rien n'a changé, bien  au contraire.....

    Evolution"""Cette nuit, comme toutes les nuits, aussi loin que se portent mes souvenirs, j'ai rêvé. Une voisine, un peu parente, un peu cousine, m'avait dit un jour, il y a déjà bien longtemps, qu'il faut rêver pour être heureux. Je suis donc un homme heureux, mais, à mon grand désespoir,  mes songes ne me laissent que très rarement des réminiscences suffisamment nettes pour être racontés.
    Cette nuit, pour une fois, j'ai gardé un souvenir précis de mon escapade onirique. Il y avait  un petit oiseau, gris, malingre, dont l'aspect était  loin, très loin  des flamboyants oiseaux de paradis. C'était  un tout petit oiseau sans grâce, sans voix, n'inspirant qu'indifférence, et qui, perché sur une branche regardait curieusement et  sans indulgence mais avec peut-être quand même un peu d'envie, les humains vivre sous les frondaisons du bourao qui lui servait d'observatoire.Il les voyait, gros, riches et gras.
    Le petit oiseau gris et malingre avait déjà vécu bien longtemps, et,  selon lui, ces humains qu'il contemplait étaient  loin, très loin de ceux que, jadis, les Dieux avaient créés. Il les avait vus se trahir, se haïr, se battre, se combattre, se débattre avec leurs petites bassesses , qu'ils  tentaient de transformer en triomphes, mentir, tricher, s'entretuer au nom de tout et de n'importe quoi, parfois même pour rien. Il les voyait maintenant ramasser des pierres pour le chasser, car ils le trouvaient laid, pauvre, petit et malingre.
    Et il ne les comprenait pas,  puisque, étant lui  aussi issu des œuvres du même créateur, quelque part, il leur ressemblait,Mais lui n'éprouvait pas de haine, pas d'envie, pas de violence. Il voulait simplement manger pour finir en paix sa petite vie de petit oiseau gris et malingre.
    Mais il leur était à la fois tellement semblable et tellement différent  qu'ils ne pouvaient le supporter et cherchaient toutesEvolution sortes de prétextes afin de s'en débarrasser et se donner, sans honte,  bonne conscience. Toute cette agitation attira d'autres petits oiseaux gris et malingres. La faim les avait chassés de leurs nids, là-bas, dans les Suds oubliés, au delà des sables. Les migrateurs leur avaient appris que là-haut, dans le Nord, il y avait beaucoup de graines, et que la vie était bien plus facile pour eux, oiseaux, et qu'ils pourraient y élever aisément leurs petits. C'est pourquoi  ils venaient par  centaines, par milliers.
    Il en vint tant que le ciel se cacha derrière leurs hordes indisciplinées, si bien que le  bruit des battements  de leurs ailes couvrit celui du battements des cœurs des humains qui, inquiets, effrayés, affolés, coururent cacher leurs fortunes et leurs misérables biens, fermer leurs maisons à double tour.
    Il  élevèrent des clôtures, et des barrières et  de hauts murs. Ils capturèrent des envahisseurs ailés qu'ils mirent en cage avant de les renvoyer dans leurs cieux arides sur leurs terres sans blé, d'où ils revinrent, têtus, implorants, terribles. Ils lancèrent leurs armées à l'assaut des oiseaux..
    Ils les tuèrent par centaines, par milliers, mais ceux qui tombèrent furent instantanément remplacés par d'autres, plus misérables, plus affamés, plus assoiffés encore. Alors les  humains devinrent petits, gris et malingres et se cachèrent, s'enfouirent sous leurs terres riches, ne pouvant résister à la faim qui poussait ces innombrables petits oiseaux gris et malingres, et ils finirent par se dissoudre et finalement par disparaître.
    Les petits oiseaux gris et malingres alors,  dévorèrent tout, s'empiffrèrent, saccagèrent, se battirent, se déchirèrent et, petit à petit, insensiblement, se transformèrent pour, finalement,   quitter leur statut de petits oiseaux gris et malingres. Et ils devinrent, lentement, inexorablement, misérablement, humains.

    Et là-bas,  assis sur un tas d'humanités disparues, tranquille, l'Initiateur Originel contemplait curieusement ce qu'était Evolutiondevenue sa création, et pensivement se dit : " je ferai mieux la prochaine fois ", en jetant le trognon de la pomme qu'il venait de finir.                      
    En tombant, le divin déchet fit un bruit de fin du monde et m'expulsa de mon rêve.
    Troublé, ne trouvant plus le sommeil, j'ai allumé la télé. Un reportage était retransmis, montrant d'innombrables  clandestins à l'assaut de Ceuta  et de Melilla, riches enclaves européennes en terre d'Afrique."""

     photos :www.ornithomedia.com;  veronikalef.wordpress.com ; www.lemonde.fr 

     


  • Commentaires

    6
    Mardi 1er Septembre 2015 à 20:37

    @ Eymeraude, je me sens flattée que vous ayez aimé mon commentaire, le votre est pas mal non plus. a bientôt ainsi qu'à Peache

    Belle soirée

    5
    Mardi 1er Septembre 2015 à 14:08

    Je me suis permise de lire tes commentaires et mon ressenti rejoint celui d'esclarmonde.

    La tolérance, tendre la main à l'autre... Que c'est beau. Autour de moi j'observe.... Les gens crient au scandale, qu'il faut ouvrir nos portes et nos coeurs....Les migrants, ces déracinés, Ils fuient leur pays grâce à des passeurs payés grassement. Et leur souffrance jettent l'opprobre sur nos consciences...

    Comme tout cela est difficile Peache...  Mais je comprends que certains aient peur... Ce n'est pas être ingrat ou lâche que de vouloir aussi sauver le peu que l'on a. Les français en ont assez de n'être que des pions... OUI c'est épouvantable ce qui se passe en ce moment... OUI c'est monstrueux ces décapitations! OUI certains de nos retraités peuvent se considérer heureux de pouvoir trouver dans les poubelles ce qui sera la pitance du jour.... OUI... le monde est devenu terriblement fou et nous ne sommes que des pions!

    J'envie ceux qui professent leur foi au travers de ces événements, dénués de

    doute... quant à moi... Je compatis mais J ESSAIS AUSSI DE COMPRENDRE.

    Tu sais, je serais Dieu, ce n'est pas un trogon de  pomme que je lâcherais.

    Amicalement et merci pour tes mots. Anne

     

    J'aime vraiment : Merci à elle.

     

    "Eux les migrants et nous les européens sommes des pions que certains dans les très hautes sphères bougent selon leurs bons vouloirs car c'est eux qui ont déclenché les guerres qui font fuir les migrants et qui organisent sciemment le désordre en Europe. Ces étrangers ne doivent pas être des boucs émissaires et nous même ne devons pas culpabliiser, quoique nous avons fait une erreur fatame; nous qui sommes en démocratie, c'est de voter pour les mêmes depuis des décennies.... Ceux là même qui détruisent les pays pauvres ! amicalement"

    Esclarmonde

    4
    Jeudi 27 Août 2015 à 15:18

    Eux les migrants et nous les européens sommes des pions que certains dans les très hautes sphères bougent selon leurs bons vouloirs car c'est eux qui ont déclenché les guerres qui font fuir les migrants et qui organisent sciemment le désordre en Europe. Ces étrangers ne doivent pas être des boucs émissaires et nous même ne devons pas culpabliiser, quoique nous avons fait une erreur fatame; nous qui sommes en démocratie, c'est de voter pour les mêmes depuis des décennies.... Ceux là même qui détruisent les pays pauvres ! amicalement

    Esclarmonde

    3
    Jeudi 27 Août 2015 à 12:45

    commentaires superflus, en effet. Bonne fin de semaine !

    2
    Jeudi 27 Août 2015 à 11:45

    On ne quitte pas son pays, ses traditions de gaieté de cœur, la misère de ces peuples est entretenue par nos pays dit démocratiques qui entretiennent la corruption et la pression sur ces peuples pour mieux exploiter la richesse de leur sol et avoir une main d'œuvre se contentant de moins que le minimum vital, les états en voie de développement font même entrer le travail des enfants dans leur système économique, et l'industrie du luxe ne fait que très peu de cas de ces choses là, l'essentiel est de gagner beaucoup d'argent. Mais devant l'afflux de ces malheureux qui cherchent une vie meilleure, on prend peur et nos belles idées de démocratie volent en éclat, il faut se protéger. Mais se protéger de quoi? de notre connerie? de notre avidité? de notre mauvaise fois? Quel pouvoir politique prendra la décision de ne plus encourager l'exploitation des faibles? de ne plus se servir d'artifices pour que certains pourri restent au pouvoir dans des états exploités? 

    L'Europe a peur, c'est d'elle même qu'elle aurait du avoir peur

    amicalement

    Claude

    1
    Jeudi 27 Août 2015 à 09:27
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