• euthanasie

     euthanasieDu grec eu (bien) et thanatos (mort), ce mot signifiait naguère mort sans souffrance selon le Lexis 1992, de Larousse. Au fil du temps, ce sens a évolué pour devenir, dans le Larousse 2005 l'acte illégal d'un médecin donnant la mort pour abréger les souffrances d'un malade. 15 années séparent ces deux acceptions du même mot. La seconde ayant une connotation répressive que la première n'avait pas.
    Que s'est-il passé entre ces deux dates? Un médecin et la mère d'un jeune homme ont fait l'objet d'un non lieu poureuthanasie lui avoir donné la mort.
    Un non-lieu. Pas un acquittement.
    Une loi a été promulguée ( Loi Léonetti du 22 avril 2005 ), qui s'est bien gardée de prendre position, car le problème est toujours là, terrible. Donner la mort est toujours interdit. Laisser souffrir aussi. euthanasieLe texte du serment attribué à Hippocrate ( 420-370 av JC ) ordonne aux médecins de soulager la souffrance et leur interdit de donner du poison à quiconque.
    Cette dernière interdiction était née de la tendance qu'avaient les "grands "de cette époque à se procurer, auprès des hommes de l'art les ingrédients leur permettant d'éliminer définitivement les obstacles qu'ils rencontraient. En 1996, le professeur Bernard Hoerni ( né en 1940, sommitéeuthanasie médicale s'il en est, mais bien moins important qu'Alain Delon, puisqu'il ne figure pas dans le Larousse ) a actualisé ce serment, et, entre autres, il utilise la formule suivante, que pour ma part je trouve assez paradoxale, voire antinomique : " Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément."
    Dans la bible; il est dit qu'on peut pêcher par action ou par omission. Ce qui revient à dire que commettre une chose interdite est un péché, ne pas faire quelque chose d'utile est aussi un péché.
    Le médecin s'engage donc à ne pas prolonger abusivement les agonies, ce qui ne peut que signifier qu'il cesse de maintenir le malade en vie, puisqu'il n'a pas le droit de donner volontairement la mort. Or, s'il cesse sciemment les soins, il tue.
    euthanasieEt il le sait, évidemment.
    Il peut donc continuer à administrer au patient des produits lui évitant de souffrir. Mais alors il participe à la prolongation de l'agonie. A partir de quel moment y a-t-il prolongation abusive ? Qui peut s'arroger le droit d'en décider?
    La loi qui, prudemment, voire pusillanimement, comme à l'accoutumée, ne s'engage pas, est finalement aussi utile qu'un cautère sur une jambe de bois. On interdit un acte et on encourage une abstention dont on sait pertinemment que le résultat aura le même effet que l'acte interdit.
    Ces terminologies bibliques, légales ou médicales suent l'hypocrisie, et donnent aux citoyens de base, potentiels acteurs passifs ( on dit bien fumeurs passifs..), un sentiment d'incompréhension, de malaise et, chacun étant susceptible de se trouver dans cette situation, d'inquiétude. Chacun réclame le droit de mourir dans la dignité.
    En fait chacun, sachant qu'il doit regagner un jour le territoire des chasses éternelles, espère que le passage se feraeuthanasie dans les meilleures conditions possibles, et, surtout, sans trop de souffrance. Presque chaque jour des médecins, des soignants "aident" un patient à quitter cette vallée de larmes. Quelques-uns sont poursuivis, parce que dénoncés. Ils affirment tous n'avoir agi que sur la demande du malade, pour lui éviter des souffrances inutiles, et l'aider à mourir dignement et en paix. Et ils ont bonne conscience, certains d'avoir fait pour le mieux. Il y a des excès, naturellement.
    C'est aussi inévitable que la pluie, quelle que soit la loi, quel que soit le serment.
    Mais où qu'il aille, quelle que soit la loi, quelque serment qu'il ait prêté, celui qui se sent coupable aura toujours l'œil grand ouvert de sa conscience fixé sur lui, même si ça ne change pas grand chose pour le reste des mortels. La justice reproche au médecin de Périgueux de ne pas avoir consulté la famille. Cela laisserait-il supposer que la famille du euthanasiemalade a le droit, elle, de décider de mettre fin à sa vie? On lui reproche aussi ne de pas avoir consulté un autre médecin. Mais la loi spécifie que le médecin pourra consulter un autre membre du corps médical, ce qui n'est donc pas une obligation. Ces deux femmes ont agit selon leur propre interprétation de la situation, selon leur conscience, avec l'accord de l'intéressée ( cet adjectif prend un sens sulfureux dans cette situation ). La famille même de la malade les soutient.
    Où est le droit ?
    Est-il besoin de droit quand on a seulement besoin d'humanité ? (ce mot devant être pris dans le bon sens, celui de compassion, pas dans celui de multitude d'êtres "humains").
    Cependant, les hommes n'étant que ce qu'ils sont, que ce que nous sommes, il est indispensable de mettre en placeeuthanasie des garde-fous, des pare-feu, dirait-on pour faire "branché" (On notera que garde-fous se met au pluriel, et que pare-feu reste invariable ce qui prouve qu'il y a plus d'écervelés que de pompiers en nos temps incertains.)
    Qui sera assez sage, assez courageux pour apporter une solution ?
    Qui a seulement a une idée de la solution ?
    Tous les Dieux, antiques ou modernes, ont laissé et laissent à l'homme son libre arbitre.
    Eux ausssi bottent en touche...

     


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  • Commentaires

    2
    Samedi 29 Septembre 2012 à 10:53

    la proposition d'exterminer les vieux montre le niveau intellectuel et moral de son auteur, qui risque fort d'être lui même exterminé lors de l'éradication des imbéciles, qui finira bien par arriver !  le problème de l'euthanasie n'est pas près d'être solutionné.

    1
    Samedi 29 Septembre 2012 à 09:49

    Je n'en veux ni à ces médecins ni à ces familles désemparées, le manque de moyen humain est certainement à l'origine de ces décisions. On doit être démunis devant la souffrance d'autrui et pour moi, proner l'euthanasie tout en enlevant des moyens humains aux hôpitaux, ça c'est de l'hypocrisie !

    De plus, pour moi, la naissance comme la mort doit être entouré de sacré que l'on soit croyant ou non, et souffrir dans un endroit deshumanisé doit donner effectivement envie d'en finir au plus vite. Je crains aussi que la légalisation de l'euthanasie soit la porte ouverte à toutes sortes d'abus, grande est la tentation d'accélerer l'agonie d'un patient pour des raisons économiques... Et Jacques Attali pronait il y a quelques années d'euthanasier les gens qui atteignaient la soixantaine car ils sont devenus improductifs. méfions nous ! 

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