• Devoir, réserve, sincérité et avenir

             Il était une fois, là bas, entre la Mongolie ultérieure et le Paraguay Danubien,  dansBon jour !
    Bon jour !un royaume lointain, peuplé de génies, de gens pleins d’humour, de quelques esprits chagrins, de millions de sélectionneurs d’ équipes de foot, rugby, hand-ball et autres politiciens politisant en rond, un petit groupe d’écrivains qui se réunissaient dans un restaurant, et après de parfois âpres discussions attribuaient à un de leurs pairs une récompense.
         Cette année là, troisième du règne du roi (que certains nostalgiques de la république appelaient président), l’élu fut une élue, en l’occurrence une charmante jeune femme aux origines lointaines des anciennes colonies,  qui  furent, sous de précédents royaumes, délivrées de leurs colonisateurs ou, selon celui qui en parle, livrées à leurs exploiteurs.
        Dans ce royaume, malgré l’envie de quelques pisse-froid nostalgiques de temps révolus, la parole était libre et l’opinion avait encore la chance de pouvoir être dite.  Cette charmante jeune femme parlant, hors de la Cour, à un gazetier, déclara, en terme assez peu fleuris, qu’elle ne voulait pas vivre sous le règne du roi actuel, dont elle n’aimait pas les ministres, ni bien  entendu la façon dont était géré le royaume.
        Un des membres des Etats Généraux, membre de la bien pensante bourgeoisie futBon jour ! offusqué des propos de l’écrivaine, et s’adressa publiquement au Gouverneur des Arts et du Savoir, lui demandant sur un ton pour le moins comminatoire de faire appliquer à celle qu’il considérait comme une méchante outrancière le fameux devoir de réserve qu’en d’autres temps un roi avait imposé à ses agents.
        Dans son  indignation presque sincère, le vertueux bourgeois oubliait que dans le royaume, depuis déjà quelques lustres, l’épouvantable Anastasie avait été  plus ou moins officiellement reléguée  aux simples services des religieux, lorsque le royaume était devenu presque  laïque.  En outre, il semblait aussi avoir oublié que le dit devoir ne s’applique qu’aux serviteurs appointés par le royaume, ce qui, d’évidence, n’était pas le cas de la jeune dame en question.
        Voilà bien des omissions que le peuple, rendu  plus clairvoyant par l’expérience, trouvait bien gênantes pour un représentant aux Etats Généraux.
          Le Gouverneur des Arts et du Savoir, déjà empêtré dans de vieilles cabales, réfléchit avant de répondre, pour ne pas d’une part être malséant vis-à-vis de l’écrivaine, d’autre part ne pas aggraver son propre cas,  et afin d’être prudent, le représentant bourgeois ayant l’oreille du roi.
          Ce dernier, tout appliqué qu’il était à soigner l’image qu’il laisserait à la postérité ne disait mot. Mais quelques sujet bien  informés, puisque navigant dans les milieux autorisés murmuraient qu’il n’en pensait pas moins, ce dont personne, évidemment ne doutait.
        Comme le peut-être futur ci-devant représentant l’affirmait, il faut respecter les Bon jour !institutions, ce qu’il faisait lui-même sans hésitation ni vergogne, en cumulant les prébendes affectées à ses fonctions d’échevin de son village et à son mandat de représentant bourgeois,  dont, en bon sujet de Sa Majesté,  il faisait généreusement profiter son épouse, devenue fort opportunément son auxiliaire bellement appointée par les sergents  du Chancelier de l’Echiquier.Bon jour !
         Nul ne peut dire à ce jour si, dans un  avenir plus ou moins lointain, Anastasie ne reviendra pas, saluant les foules prudemment muettes  à bord du carrosse du représentant de la Bourgeoisie,  devenu, par la grâce des services rendus,  Grand Frère en Chef du royaume.

     


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  • Commentaires

    5
    peache Profil de peache
    Dimanche 15 Novembre 2009 à 21:11
    Ah Mayaa ! tu sais pourtant bien qu'en nos temps incertains, la chronologie est devenue illégale, puisqu'il arrive à un  tribunal d condamner des gens pour  des faits commis avant que la loi ne les interdise. Avec  un peu de chance, Ségolène demandera pardon, et le roi disputera en  apparence son seide, et en toute logique le nommera, pour le punir,  ministre de la liberté de parole, qui siègera, toujours avec un peu de chance, place Beaumarchais.
    Je retourne à mon bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

     
    4
    Mayaa
    Dimanche 15 Novembre 2009 à 17:54
    Et surtout, comment pourrait-on appliquer un devoir de réserve pour des propos tenus trois mois AVANT l'obention dudit prix littéraire. Partant de l'hypothèse que tout un chacun serait susceptible d'écrire un roman éligible d'un quelconque prix, cela signifierait que tout le monde doive fermer sa gueule.

    Mais peut-être est-ce le but recherché.

    Me fait penser à un sondage téléphonique, la semaine dernière, pour l'opérateur téléphonique issu de l'ancien opérateur unique et historique :

    "Comment pensez-vous que serait l'accueil que vous recevriez si vous deviez contacter prochainement notre service de réclamations en ligne ? "....

    Euh.... j'ai dit au gentil monsieur interrogateur que franchement, je ne pouvais pas apprécier un service que je n'avais jamais utilisé, et il m'a répondu en rigolant que je n'étais pas la première à lui faire cette réponse....

    Et ensuite, j'ai répondu toutes sortes de sottises à son questionnaire, et je me suis bien marrée et lui aussi : il notait consciencieusement toutes mes sottises, je l'entendais qui répétant mes mots à mi-voix tout en tapant...

    Devoir de réserve ? Mon cul !!!!
    3
    peache Profil de peache
    Vendredi 13 Novembre 2009 à 22:25

    disons le , afin que Beaumarchais ait tort.. 

    2
    obsolete
    Vendredi 13 Novembre 2009 à 15:19
    A quand l'exposition en place publique, dans une "fillette", histoire de rappeler quelque expo coloniale, de cette belle lettrée qui dit tout haut ce que d'aucuns pensent tout bas...
    1
    el mektoub
    Vendredi 13 Novembre 2009 à 09:13
    dire haut ce que beaucoup pensent bas, puis l' appliquer, est surtout une question de moyens!
    j' aurais bien, moi aussi en ces temps troublés, quitté le royaume par simple marquage de mon antagonisme avec le nanisme talonnetté.
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