• deus ex machina

    deus ex machinaDimanche prochain, en de nombreuses villes et villages , des gens iront exprimer un choix.
    D'autres, pour toutes sortes de raisons ont déjà choisi de n'y pas aller. Les uns se disent déçus, d' autres incrédules, d'autres encore blasés  .
    Les objets(*) de ces choix tirent à hue et à dia, promettent, négocient, tentent de séduire, et secrètement espèrent qu'un Dieu futé descendra des cieux au milieu des isoloirs et d'un seul coup d'un seul dénouera toutes les situations.
    Et, au tréfonds de leurs espérances, ils se voient, nimbés de gloire et auréolés de bulletins à leur nom, descendant des cieux deus ex machinaélectoraux , lentement, majestueusement, une main sur le cœur et l'autre levée en signe de bénédiction, et leurs peuples, les yeux luisants de larmes de bonheur, s'esbaudissant à grand renfort de hourras, de hosannas et même d' alléluias enthousiastes.
    Ils se voient sur le balcon de leur mairie, essayant de trouver l'attitude adéquate à l'homme comblé, mais modeste, et prêt à remuer le monde jusqu'au fond des abysses, avec à leurs pieds leurs adversaires lamentablement effondrés, le front bas, le dos rond et traînant leurs savates vers les gémonies où ils expieront leurs audaces.
    Tandis que leurs seconds, souriants à pleine dents de loup, à un pas respectueux derrière eux, ébauchent secrètement des calculs, se préparent à noter leurs faiblesses pour parvenir, au prochain scrutin, à atteindre ce pinacle. deus ex machina
    Et tout à coup les pendules carillonnant l'heure de la fin du scrutin, les aspirants impétrants redescendent au niveau des gens de base, et, la tête encore pleine de rêves de puissance, vont attendre fébrilement, mais avec un masque de sérénité, le résultat du dépouillement.
    Et, au fond de leurs poitrines, leurs cœurs vont successivement tachycardiser et bradycardiser, au long des énoncés des noms issus des urnes, et à la hauteur des piles de bulletins.
    La vie n'est pas aussi facile qu'on croit pour les candidats aux élections.
    _________________________

    (*)"Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour"
    Platon, Le Banquet,

    photos :blogs.rue89.nouvelobs.com; quizz.biz;santenatureetcie.com;


  • Commentaires

    1
    Jeudi 27 Mars 2014 à 11:08

    Devant le risque de burnout qui guette cette dure profession, j'ai choisi de ne jamais faire de politique, on ne se rend pas compte de tous les sacrifices que doivent faire ces petits rois pour tromper et abuser le peuple

    amicalement

    Claude

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