• des mots pour dire

    supplique francophileJe ne suis pas loin du désespoir .
    Notre bon vieux français fout l'camp, ma pauv'dame.
    Où que j'aille, je n'entends plus que d'étranges borborygmes venus de Dieu sait où, qui, bien plus que les particules fines ou les fumées d'usines polluent mon environnement .
    Et le vôtre aussi, d'ailleurs.
    Quand, épuisé par ces espèces d'acouphènes envahissants, je lis la presse ou écoute les divers moyens d'information, les mêmes étrangetés surgissent au détours des phrases.
    Et, parfois, le soir, elles interviennent, grimaçantes et ricanantes, dans des cauchemars où La Fontaine, Hugo, Cavanna ou Madame de la Fayette et Marguerite Duras et Emmanuelle Cart-Tanneur,  et même Houellebeq se dissolvent dans une marée noiresupplique francophile étouffante.
    Et le matin, dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne, les tie-break, les making off, les remake, les best sellers, les best of, le prime time, les thin tank, les news letters, le vintage, le play off, le surbooking, les melting-pot et autre fashion, les break, back down, les soft drink cool, les hits, les blacks, les coming out des coachs, les drivers rebootés, les hardwares et les best of , m'assaillent, sauvagement, de toutes parts.
    Des saugrenus essaient de se  faire croire qu'ils parlent anglais en éructant ces inepties. Et cette franglomanie va  jusqu'à l'ineffable Toulouse School of Economics, supplique francophilequ'un Géo Trouvetou aussi français que farfelu a créée , pensant peut-être que ça faisait plus "in" , en passant par la Museum Week ainsi nommée parce que c'est plus court que semaine des musées sur tweeter, on finit par perdre la boule !
    Et, comble de sadisme, cette semaine des musées a fait l'objet d'une publicité sur toutes les télévisions et dans toutes les presses, au beau milieu de la semaine de la francophonie.
    Au secours, Madame Michaëlle JEAN, vous qui êtes au sommet de cette  francophonie,supplique francophile sauvez notre si belle langue !
    Depuis Jeanne d'Arc et Fachoda en passant par Mers el Kébir, j'ai un tantinet de retenue dans les relations que je pourrais avoir avec les Anglais, mais rien contre leur langue, tant qu'elle ne pollue pas la mienne, et réciproquement bien sûr, si tant est qu'il existe des anglophones parlant l'anglofrançais ...
    Qu'on s'exprime comme Shakespeare ou Montaigne, tout à fait d'accord, mais pas en mélangeant les deux.
    Et je ne parle pas du langage ésotérico-djeuns utilisé par nos adolescents dans leurs S.M.S .
    Il est vrai que l'immense majorité des dits adolescents(tes) ignore avec superbe que SMS signifie Short Message Service, qu'il serait pourtant plus joli de nommer chez nous mini messages..
    supplique francophileSi on veut parler anglais, je n'y vois aucun inconvénient, en Anglie, ou en Américanie ou même en France entre anglophones, mais entre nous, enfants de gaulois ou venus de toutes les couleurs des quatre coins de notre francophonie, de grâce, s'il vous plait,  parlons français !
    Je vous le dis, je vous le crie, je vous le chanterais si je savais chanter , là, devant vous, en live..
    .

    photos : www.thinkstockphotos.frfr.wikipedia.orgjulieprof.blogspot.com ;parolenarchipel.com;parolenarchipel.com 


  • Commentaires

    11
    Mardi 7 Avril 2015 à 23:42

    Qu'en termes précis ces choses-là sont dites. Aurais-je  la prétention de croire, voire d'espérer que votre " aaargggh" vous fut rappelé  par mon article  intitulé "Le dernier mot avant la fin  du monde"? En tous cas, merci de votre intervention pertinente.
    Nous sommes donc d'accord sur bien des points, puisque, comme vous, je suis amoureux des langues, mais pas au point de les mixer ( venu de l'anglais to mix) inconsidérément   au point de produire un galimatias aussi incongru qu'incompréhensible.
    Je pratique l'Espéranto  depuis de longues années, mais il ne me viendrait pas à l'esprit de mélanger les mots de Zamenhof , Montaigne ou Beckett ou Wilde dans des phrases saugrenues.  
    Il y a à boire et à manger dans les rapports entre les langues puisque nous pouvons nous régaler d'un beefsteack au restaurant, ces deux mot ayant allègrement franchit le Channel sans relever leur Manche.
    Bien sûr, je démontre dans cette dernière phrase que l'intercommunication des langues est indispensable à leur survie, mais, comme la nature, laissons l'évolution se faire à un rythme .. évolutif. En tout état de cause, merci de votre intervention  qui, loin d'être envahissante, est fort bien venue .
    A bientôt, see you soon, ĝis baldaŭ....

    10
    Mardi 7 Avril 2015 à 22:11

    Hello ! (aaargggh)

    En bonne prof d'anglais que je suis, je ne puis m'empêcher de réagir :)

    D'abord pour dire que je suis d'accord : les Français qui utilisent de l'anglais en lieu et place de mots français existants, ça m'agace, et je le dis à mes élèves - surtout quand, en plus, nous empruntons mal ! ("smoking", "WC" et "parking", pour commencer, n'ont pas du tout la même signification, voire n'existent pas en anglais, funny, isn't it ?). Dans les récents "emprunts", il n'y a pas souvent de justification "historique" ou contextuelle pour accepter l'utilisation de ces anglicismes, si ce n'est un truc fashion qui fait staïl (style). Pizza, spaghetti, hamburger ou catamaran se sont imposés sans douleur à notre langue car ce qu'ils désignent venait de "là-bas". Si j'admire le dynamisme contestataire des Québécois (dont j'utilise avec bonheur le mot "courriel" par exemple), je ne vais pas passer mon temps à chercher une traduction française qui parfois n'a finalement pas lieu d'être, ou ne "pète" pas aussi bien que son mot d'origine - car la consonance, la musicalité a aussi son mot à dire (et l'anglais est une langue bien plus dynamique que la nôtre, capable de néologismes quasiment quotidiennement)

    Cela dit, notre propension à piquer à l'anglais quelques mots n'est qu'une goutte d'eau comparée aux 80000 mots de la langue anglaise directement issus de la langue française :) Rock'n roll = deux mots d'origine française, ça swingue, non ?

    Et puis, les langues sont aussi le reflet d'un moment d'histoire, d'une pensée, d''un échange entre cultures - j'adore l'histoire du mot "budget" ! On pourrait croire à tort qu'on l'a piqué aux Anglais - en fait oui.... Mais ils nous l'avaient piqué avant, "bougette" :) En revanche je trouve fort dommage, et même très triste, que ce que les Anglais appellent dandelion (pissenlit) soit un mot français (dent-de-lion) viré de notre langue sans explications ! C'est plus joli que pisse-au-lit, non !? Quel mystère pour moi ....

    Bon bref, le sujet pourrait me passionner au point de vous envahir :) Juste, ne jetons pas baby en entier avec l'eau du bain, disons que quelques académiciens pourraient mieux faire leur... job !

    Merci en tout cas pour ce billet qui ranime ma flamme pour les langues (au pluriel)

    9
    Jeudi 2 Avril 2015 à 18:26

    Merci l'ami ! Tout ceci est fort bien dit.

     

    Je suis bien entendu complètement d'accord. Mille compléments seraient possibles à ce très bon article...

    Je crois que l'agression ne se limite pas hélas aux expressions venues d’extrême occident. J'en veux pour exemple cette certitude de certains que la liaison entre le mot "euro" et ses prédécesseurs doive être soigneusement exclue alors qu'en aucune manière ce ne puisse être le cas.

    Et il ne faut pas compter sur ceux qui se désignent comme "l'élite" car ce sont les premiers à martyriser notre patrimoine linguistique.

    Alors, pour se rassurer, il faut se tourner vers des pays plus francophones que nous même, comme par exemple le Canada, pour prendre des cours de lutte pour la conservation de notre langue !!

    J'ai longtemps couché mes colères sur mon  "blog" mais je dois bien reconnaitre que la sensation de prêcher dans le désert m'a quelque peu découragé !!

    Merci encore pour cet article et à bientôt j'espère.

    8
    Dimanche 29 Mars 2015 à 22:31

    HI HI HI en live ! coquin va,  moi j'attends de voir ton direct même playback ohhh pardon présonorisation  (rire) 

    bonne soirée 

    7
    Jeudi 26 Mars 2015 à 20:16

    j'attends la bonne chanson à reprendre tous ensemble ... bonne soirée 

    6
    Jeudi 26 Mars 2015 à 17:41

    J'ai étudié l'anglais et sans doute par respect par cette langue, je suis allergique au franglais, qu'on pourrait appeler globish. Mais c'est avant tout l'irrespect envers notre propre langue qui est le plus tragique dans l'affaire... De plus en plus de slogans et de noms de magasins mais avec un anglais tellement barbare que je crains que nos amis anglophones ne comprennent rien non plus !

    5
    Mercredi 25 Mars 2015 à 13:34

    Je suis d'acord avec toi Peache, je me mets en rogne presque chaque matin en écoutant ma radio qui s'appelle "FRANCE bleu azur" me débiter des anglicismes à longueurs de phrases. Je ne vais même pas parler de tous ces nouveaux jeux électroniques ou de ces nouveaux sports en salle ou ailleurs (bike, c'est mieux que vélo?) dont aucun ne porte jamais un nom français, ou des bars ou boutiques qui ouvrent sous des noms anglais, ça fait tellement mieux!

    Allez, bonne fin de journée tout de même, amitiés.

    4
    Mercredi 25 Mars 2015 à 12:14

    ce n'est pas l'anglais qui est envahissant, à mon avis, c'est le franglais des rigolos qui CROIENT parler anglais!

    3
    Mercredi 25 Mars 2015 à 11:17

    Oui, l'anglais peut être envahissant.... Mais je m'inquiète plus encore du langage "texto" des fois vraiment "barbare"...

    2
    Mercredi 25 Mars 2015 à 11:11

    je ne reconnais rien du tout. En baissant les bras, on  donne raison aux zigotos qui franglisent . Et je suis têtu !

    1
    Mercredi 25 Mars 2015 à 08:16

    Hélas, aussi cruel que soit le constat nous sommes obligés de reconnaitre que nous ne sommes plus à la page, nous utilisons des expressions qui sont dépassées et seulement usité chez nos amis Québecquois, en France nous sommes sans cesse interrompus pour donner des explications sur les mots que nous employons

    amicalement

    Claude

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :