• de la lune à l'homme

    En ce temps là, la Terre et la Mer venaient tout juste de se séparer.
    La Lune regardait le monde et le trouvait bien vide. Il y avait des arbres, des fleurs, des rivières et des montagnes se reflétant dans l'eau claire et bleue d'un lagon paisible.
    En se demandant comment serait ce monde si il était habité, elle porta machinalement la main à sa bouche, et en retira une dent qui menaçait de tomber, et la posa sur un rocher qui pointait à quelques encablures d'une plage blonde bordée de cocotiers.
    Quelques temps plus tard, sous l'effet de la chaleur du soleil, la dent de la Lune se décomposa, lentement, et des vers s'y mirent, en grand nombre.

    Ceux qui tombèrent à l'eau devinrent anguilles et ceux qui restèrent sur le rocher devinrent lézards. Leurs petits naquirent avec une tête d'homme et un corps de lézard.
    Au fil du temps, ils vécurent ainsi, sans que leur cœur connaisse le bon ou le mauvais.
    L'un d'entre eux ouvrit sa peau de lézard et devint un homme. Il s'appelait Bumé. Il prit femme et d'eux naquirent trois enfants.
    L'ainé , nommé Téa kanaké, fut le premier homme véritable, puisque ses parents étaient nés lézards . Il devint ainsi  l'ancêtre de toute l'humanité.
    Ses frères Bwé Béalo et Dwi Daoulo furent avec lui les pères de tous les clans de la Calédonie.
    L'être primordial fut Téa Kanaké. Venu au monde ignorant de tout, il demanda aux esprits de lui apprendre et de lui donner tout ce qu'il doit savoir pour vivre sur la terre: la magie des pierres, des herbes, le travail des champs, la connaissance des plantes et celle des hommes.
    Il cultiva l'igname et le taro, il planta le coleus, cette superbe plante protectrice , puis il construisit sa case et, le premier, proclama la parole.
    Téâ Kanaké voulait tout savoir de la vie et des hommes, il demanda aux esprits de lui apprendre tout ce qu'il devait savoir. Ils lui dirent qu'il devait pour cela connaître la mort.
    Ils le firent entrer dans le banian, cet arbre aux multiples racines aériennes, qui est le corps des esprits. En suivant ses racines souterraines, il entra au pays des morts. Et en ce ventre maternel, il reçut le savoir.
    Comme les rejets renaissant d’un tronc coupé, Téâ Kanaké, porteur de la continuité de la Parole, traversa la roche percée, qui marque le passage entre le monde des morts  et celui des hommes, et revint sur la terre des vivants.
    Il souffla la Parole dans la feuille du bois de fer, où elle chantera toujours.
    Grâce à cette parole une aire nouvelle s’ouvrit, et les peuples kanak habitèrent toute la Calédonie.

    photos : ticalixba.canalblog.com ; www.brooklynrail.orgwww.viepartage.com277jours.uniterre.com


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Juillet 2015 à 10:10

    Bonjour Peache, un grand merci pour cette jolie légende que je ne connaissais pas!

    Je te souhaite un bon week-end, amitiés.

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