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          Il était une fois, en des temps situés entre la genèse et la parousie, un royaume Bon jour !étrange, peuplé d’une multitude de petites gens et d’une très petite
    minorité d’autres gens qui se pensaient grands. 
        Le roi et ses ministres essayaient tant bien que mal, plus cahin que caha et réciproquement, de faire admettre une fois pour toutes aux manants qu’ils étaient d’essence divine et par là même aussi incontournables qu’indispensables à la survie du pays.
        Un ministre, qui était le grand chef des argousins et autres carabiniers du royaume, tenait aux  juges une rancune tenace, qu ’il manifestait Bon jour !bruyamment et, il faut bien le dire inconsidérément, par l’intermédiaire des diverses gazettes locales, certain qu’il  était de l’affection indéfectible du Roi et de la protection que le monarque lui accordait, en souvenir d’une jeunesse qu’ils  avaient ensemble traversée. 
          Ce ministre avait déjà été  ce qu’on nomme récidiviste dangereuxBon jour ! dans le peuple, et  homme de conviction incompris dans les altitudes gouvernementales. Aussi, par tous les moyens et artifices que la proximité royale lui offrait, il tentait de redorer - si tant est qu’il en eût besoin - le blason des archers, avec l’évidente intention d’opposer   ces derniers aux juges, et bien entendu d’en tirer un grand profit.
          Les draupers, roussins, keufs, pandores et autres bignolons, n’en demandaient pas tant, et  prenaient ce qui leur venait d’en haut comme une reconnaissance de leur évidentes qualités et conscience , sans illusion sur les intentions plus ou moins cachées de leur mentor.
         Les juges, eux, s’agaçaient, et les échevins de leur corporation travaillaient sansBon jour ! relâche, bien que très discrètement, à leur défense contre les attaques parfois saugrenues de leur détracteur , sans que leur propre ministre ne lève le plus petit doigt ni le moindre sourcil.
     Bon jour !    En effet, dans ce royaume, le roi créateur de la dynastie avait organisé  son gouvernement de telle manière que les pouvoirs ne soient concentrés que dans sa main, et que les ministres, mis en place pour donner au peuple l’impression qu’on tenait compte de ses avis, soient de bons et véritables relais de ses décisions, voire de ses diktats ou de ses oukases.
         Bien sûr le peuple avait quelques fois frondé, grondé,  montré les dents, maisBon jour ! après quelques péripéties et diverses manipulations,  quelques grattouillis derrière les oreilles comme on en fait pour calmer un chaton, l’ordre royal était revenu .
         Et malgré les petites mesquineries de leur chef, les schmidts, poulagas ou poulets maintenaient  tant bien que mal  la paix publique qui,  comme la fille du même acabit subissait en attendant un aussi indispensable qu’aléatoire  mais néanmoins inéluctable sursaut.
           Qui, forcément devrait survenir.
           Peut-être. 


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