• Commerce de temps de crise

         Pour ceux qui l’ignoraient encore, malgré la télé, la radio, la presse écrite,  le tam-tam, le bouche à oreille, les on-dit et le qu’en dira-t-on, nous sommes en crise.
    Je n’en veux pour preuve que la vente de la collection d’art de Saint Laurent et Berge, qui a tout juste atteint le modique total de 302 425 000 (trois cent deux millions quatre cent vingt-cinq mille ) euros, à peine de quoi recapitaliser quelques banques qui pourraient ainsi assumer leurs contrats avec leurs administrateurs.
    J’en vois qui vont s’offusquer en lisant Saint Laurent  et Berge, sans monsieur devant, et sans les prénoms.  Ces personnes, fort respectables au demeurant, le sont-elles plus que le président ou les ministres de notre crise ? Pardon, de notre république ?
    Au cours de cette vente , des objets, volés par des soldats français et anglais en 1860 lors du sac du Palais d’Eté ( Yuanming yuan  )  équivalent de notre Versailles à Pékin  ( Bei Jing ou pas Bei Jing ? ), sac suivi d’un incendie  en apothéose d’une opération destinées à ouvrir la chine au " commerce " occidental ( mais surtout à l’opium que les anglais produisaient en Inde ).
    Ces œuvres du XVIIIème siècle ont été achetées en toute légalité par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, ces objets étant la propriété des vendeurs, qui 

     

    Commerce de temps de crise

    les avaient  achetés le plus légalement du monde.  L’un avait même proposé  aux chinois de les leur rendre gracieusement s’ils respectaient les droits de l’homme, libéraient le Tibet, et  s’ils  accueillaient le Dalaï Lama, 
        Intention éminemment louable, surtout si on tient compte des circonstances dans lesquelles ces objets avaient été acquis, les 7 et 8 octobre 1860 par les troupes " commerciales " franco-britanniques.
        Les chinois ayant trouvé cette offre saugrenue, les fameux bronzes ont été vendus  pour quelques malheureux 31 400 000 euros, le gouvernement français ayant  indiqué " n'avoir été saisi  d'aucune démarche officielle  de la part du gouvernement chinois à ce sujet."
        La vente d’objets volés, mêmes si ils ont été acquis  légalement, est punie par  les codes pénaux anglais et  français.
        Mais la loi n’a pas d’effet rétroactif.
        Même ( surtout ? ) si l’ "emprunt " a été fait au cours d’une opération commerciale un tantinet guerrière, hors des bonnes vieilles frontières européennes.
        Et il y a si longtemps que seuls les chinois s'en souviennent.

     

     


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  • Commentaires

    7
    el mektoub
    Mardi 3 Mars 2009 à 18:07
    cavalier!!! hussard , grenadiers, ou autres vandales, goths, visigoths,alains ou "pierres" le butin guerrier était ce qu'il était.
    6
    peache Profil de peache
    Mardi 3 Mars 2009 à 11:22
    Cavalier, cavalier ! comme tu y vas ! Comment qualifies-tu la méthode d'extraction de Chine de ces objets par nos vaillantes troupes ? ces objets ont été volés, non ? alors ...faut il que les victimes de vols rachètent ce qui leur a été volé ? 
    Par ailleurs, tu as bien raison, tout ce qui fait vendre du papier est..... rentable !  
    5
    el mektoub
    Mardi 3 Mars 2009 à 09:17
    peut-être la chine aurait-elle été bien inspirée de ne pas empêcher son ressortissant d'acquérir ces oeuvres, mais vouloir les récupérer sans bourse délier me paraît un peu cavalier, combien la france a-t-elle racheté d'oeuvres d'art par le passé sans qu'il y ait pareille polémique..décidément tout est bon pour vendre " du papier".
    4
    peache Profil de peache
    Lundi 2 Mars 2009 à 11:59
    Les commissaires priseurs vont se méfier un peu, maintenant,lors de la vente d'objets " rapportés " des expéditions ...
    3
    Lauryale
    Lundi 2 Mars 2009 à 11:05
    Il semble aux dernières nouvelles que l'acquéreur inconnu soit un haut fonctionnaire du ministère de la culture chinoise et qu'il n'a pas l'intention de les payer ........
    Attendons la suite !
    2
    peache Profil de peache
    Jeudi 26 Février 2009 à 22:48
    C'est tout à fait vrai, et autant que l'argent recueilli soit utile à quelque chose. 
    Mais il ne t'a pas échappé que le fond de cette chronique était la manière dont ces objets ont été " récupérés ", et sur la propension qu'ont eu - et ont toujours - les " civilisations occidentales " de s'approprier, au besoin manu militari  - et l'expression est faible - les trésors des civilisations extra européennes.
    Quant à la proposition de Pierre Bergé de restituer aux chinois les biens qui leur avaient été volés s'il respectaient les droits de l'homme, elle  me parait un tantinet culottée, en tous cas si on se souvient des conditions du vol  ( une faute de frappe m'avait fait écrire viol ... )
    Il est vrai que les droits de l'homme sont à géométrie variable, n’est-il pas ?
    1
    el mektoub
    Jeudi 26 Février 2009 à 13:01
    bilan de cette vente, 373.5 M€, en partie destinés aux fondations de Pierre Bergé et qq dizaine de milliers à Désirs d'avenir, cet homme me plaît beaucoup, par sa culture, son charisme et son humour.
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