• censure

     

    Bon jour !        Il est fait état dans la presse, ces jours-ci, d'une affaire de
    " censure " .    
         La mairie de Parthenay a refusé que le texte écrit par une ancienne déportée à Auschwitz soit lu lors des cérémonies du 8 mai, au prétexte qu'elle y disait avoir été arrêtée par 3 gendarmes.    La mairie n'aurait pas voulu que la  profession de gendarme  soit "salie " par cetteBon jour ! évocation. Nous savons tous, et tout le monde sait, que pendant cette période noire de notre histoire, les gendarmes, les policiers, comme tous les français, se sont trouvés dans des situations difficiles, qu'il est bien aisé de critiquer maintenant.
           Qu'aurions nous fait à leur place ? 
         Quant à "salir" un métier, je pense qu'en l'occurrence, c'est lui faire honneur qu'avoir le courage d'admettre que des erreurs, Bon jour !voire des crimes, ont été commis.  Afin que cela ne puisse plus se reproduire.
         Les femmes, les hommes, ne sont qu' humains, donc sujets à l'erreur.
       Essayer de dissimuler les faits historiques est malsain et au moins aussi  dangereux pour l'avenir de la Gendarmerie et des sociétés  que les errements saugrenus qui ont conduit à la situation actuelle.
        Si cette personne n'avait pas dit dans sa lettre qui l'avait arrêtée, laBon jour ! question aurait immanquablement été posée, et il y aurait eu tout aussi immanquablement polémique.
          Et si quelqu'un veut régler des comptes, les arguments ne manquent pas pour y répondre. Les gendarmes sont, tous, écorchés vifs quand on attaque leur Arme, et par conséquent, ils se hérissent pour la défendre, en l'occurrence avant même qu'on ne  l'agresse. La Gendarmerie est faite de femmes et d'hommes, et la proportion de braves types, de salauds, de héros et de lâches est la même que partout ailleurs.
         Nous avons , tous, quelle que soit notre profession, situation sociale, option politique  ou religieuse, connu des situations dont nous sommes particulièrement fiers, et d'autres que nous préférons oublier. 
          Cette arrestation s’était faite sous le gouvernement  du maréchal Pétain, qui, en dehors de la poignée de main de Montoire, a quand même promulgué les lois anti-juives.
    Bon jour !    Mais c'est l'histoire, il faut faire avec. Comme avec les gendarmes qui ont arrêté cette pauvre femme.
         L’interdiction de cette lecture est grave . C'est à cause de ce genre d'attitude , de la part d'élus, de "gouvernants" qu'on en est arrivés, petit à petit à la situation actuelle. Si cette lettre avait dénoncé des faits faux, si elle avait fait état d' allégations mensongères, on aurait pu l'attaquer, mais en justice, pas d'une simple décision unilatérale.
         Mais le pire, dans ce genre de situation, est que ce sont des faits réels, avérés qui sont "caviardés".
          Les mensonges du type négationniste peuvent être publiés, et sont - heureusement - poursuivis, mais ces poursuites font de leur auteur une vedette, voire une victime.
          Tout le monde sait  bien que c'est en prenant les leçons du passé qu'on peut forger un avenir. Oui, je sais, je suis utopiste.
         Mais je m'élève avec la dernière énergie devant ceux qui veulent cacher l'Histoire derrière une pudeur mal placée. 
           Pendant que nous y sommes, cachons tout, et notre réputation sera sans tache. 
           Mais pas notre conscience.

     

     


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  • Commentaires

    2
    peache Profil de peache
    Jeudi 6 Mai 2010 à 12:55
    justement. On ne peut être serein que quand on est en paix avec sa conscience. Le censeur a cru bien faire, et on peut croire qu'il est de bonne foi, mais il s'est trompé. On cache un peu, et on finit par Anastasie. Il n'est pas question de repentance, ce qui est fait est fait. Je ne me sens pas coupable des fautes des anciens. Je ne veux pas que le mutisme hypocrite se perpétue. Admettre son passé est gage d'avenir moins sombre.
    je ne te hais pas non plus 
    1
    Jeudi 6 Mai 2010 à 10:57
    on voit là le gendarme qui somnole en toi, mon vieux zoreille, le devoir de mémoire, soit , allons un peu plus loin, remontons aux guerres fratricides des temps lointains, parle-t-on encore de la guerre de 1870 ?de celles  des années antérieures, à la suite desquelles l'  on devait bien entendre le "plus jamais ça",et pourtant...
    je suis d' accord avec celui que tu qualifies de "censeur" t' es-tu demandé s'il n' avait pas fait carrière dans la gendarmerie lui aussi, peut-être considère-t-il comme moi, qui n'ai pas fait partie de ce corps qu'il suffit!  la gendarmerie veut et doit rester sereine pour affronter ce qui l' attend.il existe bien de beaux textes qui parlent d'avenir , de fraternité, d'égalité sans chercher la continuation à la repentance. Ras-le-bol de se repentir.

    va je ne te hais point
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