• Blancs et Noirs. Noirs et Blancs.

     

    Blancs et Noirs. Noirs et Blancs.

     Aux Antilles,  la situation sociale fut pour le moins perturbée ces dernières semaines, et des propos imbéciles ont été tenus de part et d’autre. Les uns et les autres entachés d’un racisme  latent et omniprésent.
    En Martinique, un blanc, Huygues-Despointes  a proclamé que l’esclavage avait de bons côtés, et que si ils ( les békés ) avaient réussi, c’est parce qu’ils avaient su préserver la pureté de la race , reprenant sans ambages les propos d’un autre, Hayot, qui affirmait en 1960 les bienfaits de la pureté du sang
    Le monde a déjà entendu ces propos au cours du siècle dernier …
    En Guadeloupe, un noir, Domota, déclare que si les békés ne veulent pas signer l’accord conclu après  plusieurs semaines de grève, d’énormes  dégâts provoqués par des crétins  et un  mort victime de l’imbécillité meurtrière d’un  manifestant, ils devront quitter  la Guadeloupe.
    Le monde a déjà aussi entendu ces propos.... Tous deux seront  poursuivis,  selon Yves Jego, secrétaire d’état à l’Outre-Mer. Le parquet de Fort de France  devrait ouvrir une enquête  et poursuivre le premier  pour apologie de crime contre l’humanité, et le parquet de Pointe à Pitre le second  pour incitation à la haine raciale.
    Et il est souhaitable qu’ils soient tous les deux condamnés.
    Cependant, on n’entend pratiquement parler que des paroles de Domota.
    Etrange ? Circonstanciel ? Maladroit ? Suspect ?
    Mais que changeront ces condamnations ?Elles ne feront que renforcer les prises de positions des uns et des autres.
    Victor Schoelcher, en 1848 a fini par obtenir l’abolition de l’esclavage. Cette intolérable situation avait été abolie par la Révolution, mais rétablie précipitamment par Bonaparte, sitôt qu’il fut reconduit dans ses fonctions de 1er consul en mai 1802. Il avait en ces temps une épouse béké mais il n’y a peut-être pas de relation entre l’épouse et l’abolition.
    Les anciens maîtres sont alors devenus les nouveaux employeurs, et les anciens esclaves les nouveaux employés sur les mêmes plantations. 
    Cette abolition légale n’est pas encore totalement intégrée par les esprits.
    Quelques uns chez les uns ont gardé le complexe de supériorité de l’ancien maître, quelques uns chez les autres le complexe justement revendicatif de l’esclave. Tous pourtant sont viscéralement attachés à ces terres qui les ont vus naître, souffrir, aimer et hélas se battre.
    Ils ne semblent pas encore profondément imprégnés des idées d’égalité et de liberté. Je ne parle pas de fraternité, ce mot n’ayant cours que pendant les périodes électorales.
    Il est vrai que  ces idées ne sont pas trop répandues non plus dans le reste du monde.
    Finalement, le malaise social qui sévit en ces lieux pourtant paradisiaques n’est que le prolongement de ces siècles des douleurs, et le détonateur d’une situation que d’aucuns s’attachent à définir comme insupportable.
    La solution, si toutefois il y en a une, pourrait - devrait ? -, me semble-t-il, passer par  la prise de conscience  par les  autres et les uns de faire partie de la même humanité, et que ce n’est pas en perpétuant les erreurs du passé qu’on construit un avenir.

     

     

     

        

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  • Commentaires

    1
    el mektoub
    Mercredi 11 Mars 2009 à 16:12
    pourtant devons-nous encore et toujours, avant, bien avant que tes souhaits se réalisent, mettre en exergue le vrai pouvoir...celui que donne l'argent.
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