• 18 juin

     

    Bon jour !

           Ce  matin là, Raymond était catastrophé. 
      Dans son fournil, il venait de constater le décès de cette Bon jour !vieille pelle de bois  qu’il utilisait pour sortir ses productions du four. La pauvre avait succombé à de nombreuses années  de bons et loyaux services, (était-ce prémonitoire de nos temps difficiles ?) sans même avoir pu profiter d’une retraite pourtant tant méritée.        
         On ne soupçonne pas assez la pénibilité du travail d’une pelle dans un four de boulanger. 
       C’est autre chose que quelques années de députation,  et beaucoup moins rémunérateur, si j’en crois les montants annoncés par une ex ministre chargée d’une mission juteuse.
          Ce brave outil, manié avec célérité et adresse , a pénétré  des milliers de fois dans le four, dans une ambiance de chaleur et d’humidité éprouvante, auxquelles aucunBon jour ! être humain n’aurait résisté. Je conviens qu’il y  était contraint et forcé, puisque c’était sa destinée, mais quand même !
          Hors donc, mon ami Raymond, quand je le rencontrai ce matin là, faisait grise mine. Bien que particulièrement doué dans son métier de boulanger,  il n’avait, le pauvre, pas beaucoup de dispositions pour le  bricolage.
           Nous étions en juin, et je bénéficiais de quelques jours de repos, ce qui n'était pas surprenant,   puisque je faisais, depuis peu, partie de cette d’élite de la classe ouvrière  constituée par les retraités. Je décidai donc de venir en aide à mon boulanger préféré. 
      Bon jour !    Lors  une visite chez notre camarade Aimé, menuisier  de son état et bon vivant par vocation ,   j’ai récupéré les matériaux adéquats. Après avoir bien  préparé un long manche, et fixé  (astucieusement , bien sûr ) la palette large et bien plate qui allait quérir au fond du four les pains dorés  et croustillants,  j’apportai mon œuvre à la Boulangerie.
           Comme toutes les œuvres un peu impérissables ( un  peu seulement, étant données les circonstances d’usage de laditeBon jour ! œuvre ) elle dût être baptisée, ce qui fut fait le jour même, au bistrot voisin, en présence et sous la présidence  du Renard , vigoureux vieux braconnier plein d’astuces, de roublardise et surtout empreint d'une gentillesse à toute épreuve, qui fit office de parrain.
          Cérémonieusement,  il versa un pastis bien serré sur le manche de  la pelle, et prononça ces paroles grandioses  et dignes de passer à la postérité: 
             "" Je te baptise au  nom du pain  et du  pastis réunis ."
             C’est ainsi que naquit et  fut baptisée  la pelle du 18 juin. 

     


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  • Commentaires

    3
    hem
    Dimanche 13 Juin 2010 à 17:04
      je vois que tu acquiesces à ma demande el mektoub !!!

    je me sens comprise !! 
    2
    Dimanche 13 Juin 2010 à 09:34
    1
    hem
    Dimanche 13 Juin 2010 à 06:18
     que cet outil indispensable à la tradition du petit déjeuner soit toujours avec nous !

    faites que la pelle du 18 juin règne à tout jamais dans le fournil !

    qu'il en soit ainsi 
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