• 6 juin

    6 juin     Il y a  65 ans,   là-bas, à l'autre bout du monde, une  ère de tyrannie et  d'obscurantisme  entrait  dans  sa  phase  terminale. Pendant   une vingtaine d'années,  des   fous mégalomanes  avaient fait régner la terreur sur des centaines de millions d'êtres humains,  et leur fureur imbécile et destructrice était à son   paroxysme  .
         Elle   avait contaminé toute la planète, en élevant le racisme, la barbarie et la xénophobie à  hauteur  d'institutions.   Les plus bas  instincts  de  ce qu'il faut malheureusement bien se résoudre à appeler des  hommes ont été  flattés, encouragés, récompensés.
         Dans  l'aube  pâle du 6 juin   1944,  sur la terre de la vieille Europe,   des milliers  de  jeunes  hommes de toutes  les  couleurs, venus de  tous les horizons, de  toutes les Fois, ont tout donné,   jusqu'à leur vie  même, certains  qu'ils  étaient de lutter pour
    la  Liberté.
         6 juinDans les cimetières  soigneusement entretenus où ils reposent,  ils attendent,  pour enfin trouver  la  paix, que nous  leur prouvions l'utilité de leur sacrifice. 
       Depuis  65 ans,  personne n'est encore  parvenu  à définir avec  exactitude le nombre  des victimes engendrées par les monstres qui régnaient alors sur le monde.
         Il n'est pratiquement  pas un  de nos contemporains  qui  n'ait,  dans sa  famille,   une   ou plusieurs  victimes  de  cette  folie. Les peuples se  sont unis, et ont  combattu la barbarie pour  que, plus jamais, personne   ne  soit assassiné à cause de sa religion,   de son  ethnie , de  ses mœurs  ou  de  ses 6 juinopinions. On a promis,  juré craché, que plus  jamais une telle  horreur  n'existerait,  que  l'homme avait compris,  que  nous étions  tous  frères,  que nos matins  allaient chanter,   dans  un  monde débarrassé de  tous ceux  qui  l'avaient conduit  à  la  ruine.
         Nous allions,   tous ensemble,  nous mettre au travail et effacer  jusqu'à  la dernière trace  de  ces souffrances, et  des élans de générosité  enflammaient  les esprits. A quoi tous  ces morts, toutes ces douleurs, tous  ces crimes épouvantables ont-ils servi?
         Quel Moloch,   quel   Léviathan  s'est  nourri  de  ces horreurs ? Que devons nous  faire,  que  devrons faire nos enfants? Cependant, un peu partout   dans le monde,  nombreux étaient, parmi ceux qui avaient participé à6 juin  la première  tuerie du siècle , à peine quelques lustres plus tôt,  qui regardaient  tous ces beaux sentiments  d'un  œil  sceptique . Les élans, les mots, les promesses  de 1918 se  mêlant à ceux de1944, finissaient par  former un    bruit de fond    verbeux et incompréhensible,   avant  de se   dissiper dans  une  espérance  dubitative. 
         Et quelques semaines  plus tard,  avant   même  la  fin  de la  guerre en cours, d'autres  combats s'engageaient, ici ou là, d'autres hommes  mouraient. Tous,    de part et  d'autre, avaient été persuadés qu'ils  luttaient,  eux  aussi,   pour la Liberté.
          "Mourir pour une  cause  ne  fait pas  que cette  cause  soit  juste "
    disait Montherlant.  
        Mais un orateur un peu talentueux peut si facilement  entraîner  l'être humain  dans  des excès à peine imaginables…. Il est indispensable  de conserver vivant le souvenir des événements  de cette  période, pour espérer éviter  qu'ils  ne  se  reproduisent, en ayant toujours à l'esprit cette question :
          "qu'aurions  nous  fait à  leur place ?" 
          Mais l'homme  en est-il capable ? 
          Je préfère ne   pas  en  douter. 

     

     


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  • Commentaires

    1
    Samedi 6 Juin 2009 à 15:54
    Ne pas chercher de solutions aux problèmes du monde, ... mais poser les bonnes questions, et continuer à la poser, c'est déjà un bon début, me semble-t-il.
    L'étonnant, finalement, c'est que tant d'humains se soient rassemblés pour arrêter la barbarie, - même si le travail n'est pas fini, c'est quand même quelque chose de mémorable.
    Oui.
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