• Parfois, aux hasards des détours de nos vies, des instants de lumière viennent illuminer nos chemins . Ces moments-là, comme les autres, d'ailleurs, surviennent toujours sans prévenir, sans que rien ne les ait laissé supposer .
    J'en ai connu un ce matin.
    Je regardais la Baie, et les collines gris sombre de Nouméa, là-bas de l'autre côté d'une eau gris clair, sous un ciel pommelé gris léger avec quelques petites taches plus claires au dessus du mont Té.
    Une atmosphère harmonieuse, apaisante, calme et douce. Je contemplais ce doux spectacle quand, tout doucement, je me suis rendu compte de ce que je ne ressentais aucune douleur. Ce qui est aussi rare qu'un jour sans tweet saugrenu ou bêtement agressif de la trompette d'Américanie.
    En effet, ce qui reste de ma folle jeunesse a une fâcheuse tendance à se manifester un peu partout dans ma carcasse, par des pincements, coincements ou autres raidissements intempestifs plus ou moins agréables.
    Plus de picotements, plus de raideurs, de serrements, pas de besoin de m'asseoir, pas d'essoufflements!!
    Et aussitôt, charmé, que dis-je, séduit par cette sensation aussi inattendue que réjouissante, j'ai décidé de ne plus bouger d'un poil, ni même d'un cheveu.
    Mais, hélas, à cause peut-être des relations fantasmagoriques, biscornues ou simplement tordues entre les divers éléments de mon corps et de ce qui me sert d'esprit de contradiction, ces moments bénis ne durent jamais longtemps.
    A peine avais-je pris conscience du Nirvana où je planais , qu'un pauvre simple et mesquin petit mouvement inconscient d'un doigt ou d'un orteil, déclencha le retour de mon état de tamalou, ou de malpartout habituel.
    Evidemment, comme tout presque miraculé qui se respecte, j'ai essayé, sans bien sûr la moindre ombre de la queue d'un résultat, de retrouver ce délicieux instant perdu.
    Car, tout comme les desseins du Seigneur, (toute prétention mise à part, puisque, comme vous, j'ai été fait à son image - ou presque-), les arrivées de mes dysfonctionnements sont impénétrables.
    Ce qui me permet de rêver l'arrivée du prochain, puisque, étant espérantiste, je sais bien que l'espoir est l'avenir le plus satisfaisant !


    1 commentaire
  • Au 12 ème siècle, l'église l'a fondée, pour lutter contre les dogmes nouveaux, les schismes et autres hérésies qui la mettaient ou auraient pu la mettre en danger .
    Louable initiative, qui a connu un franc succès et permis l'extermination d'un nombre conséquent mais quand même un tantinet nébuleux de contestataires, cathares, vaudois etc. Hélas, la perfection n'existe pas sur notre planète.
    En effet, l'inquisition a été, forcément, confiée à des hommes, avec tous les menus défauts qui les caractérisent, et ces régulateurs ont joyeusement accompli leur mission, en se réchauffant à quelques bûchers.
    Parfois par Foi, parfois par vengeance, parfois par obscurantisme, fanatisme ou intégrisme.
    Bien sûr il faut tenir compte des mœurs du temps, quand même pour le moins .. rudes.
    Et, un jour l'inquisition a été mise en sommeil et fut plus ou moins remplacée par diverses organisations officielles plus ou moins nébuleuses qui poursuivent son œuvre, avec des méthodes quand même plus respectueuses de l'humanité.
    Aujourd'hui, il est d'autres gens dont la vocation est de dénoncer, avec plus ou moins d'acharnement et de bonne foi, les tribulations , vicissitudes et faits et gestes de ceux qui nous gouvernent.
    Je veux parler de quelques journalistes, ceux dont ce sujet est le fonds de commerce.
    En appuyant bien sûr sur ce qui ressemble de près ou de loin à un scandale, une magouille quelconque susceptible de faire mieux vendre leur journal, puisque le mercantilisme tient souvent lieu de conscience dans ces milieux
    Et il réussissent, le bon peuple étant friand de cette littérature.
    J'entends des voix s'élever pour dire qu'heureusement ces gens là existent , qu'ils ont œuvre de salubrité publique, etc.
    J'en conviens. 
    Mais il est si facile d'outrepasser la vérité, ou de la présenter sous un angle susceptible de créer une ambiance suspicieuse….
    Et ces dénonceurs sont eux aussi des hommes, et, tout comme ceux qu'ils vilipendent, ils  sont tout aussi humainement...vilipendables !
    Car qui, dans notre monde ne l'est pas ?????????????
    Pour finir, loin de moi l'idée de défendre ou protéger qui que ce soit.
    En fait de politique je me contente de réclamer du bon sens, des administrateurs et des administrés, bien entendu. 

    Mon Père me disait qu'il s'agissait là de la définition de l'utopie..

     


    7 commentaires
  • Nous sommes en temps d'été, donc de congés, vacances et autres inoccupations baladeuses. Et les gens en vacances, en congés, en retraite se déplacent partout. Il n'est plus d'endroit isolé , tranquille, que les autres et les uns n'ont visité, pour quelques heures, quelques jours ou le reste de leur vie. Et bien sûr, ayant vécu en quelque lieu qu'ils ont aimé , ou qu'ils ont haï, ils veulent trouver dans leur nouvel eden , ce qu'ils avaient ou au contraire ne plus l'avoir. Et ce n'est pas si facile qu'on pourrait croire... ou espérer.

    C'est ainsi que dans de nombreux villages ou hameaux campagnards, il se peut que les visiteurs oient profusion de chants de coqs, de beuglement de bovins, de bêlements de caprins, d' aboiements de canidés, de martelages de forgerons, d'angélus, de cloches horaires , et toute cette sortes de preuves de la vie des naturels du lieu.

    Et aussi, que les ayant ouï, ils en fussent saturés et s'enfuient.

    Mais ce serait sans tenir compte de la supériorité pourtant immanente du citadin sur le rural, qui permet aux premiers cités de demander, pour les plus polis, d'exiger pour les plus convaincus, d'ester en justice pour les plus grognants pour obtenir le silence dont ils bénéficiaient en ville.

    Ces demandes, exigences ou procès, qui après avoir bien fait rigoler tous les paysans, cultivateurs, exploitants agricoles ou simples gens sensés, deviennent de plus en plus fréquents, ont poussé le maire d'un village du Gard à prévenir les visiteurs, en affichant à l'entrée de son bourg le panneau ci-dessous qui démontre avec éclat que le bon sens paysan est loin d'être une vue de l'esprit.

     

     


    6 commentaires
  • Ces derniers jours, deux quidams tout ce qu'il y a de plus lambda sont allés faire un safari photos dans une réserve naturelle du Bénin, située dans une région qui, sans être particulièrement interdite d'accès, est quand même fortement déconseillée aux touristes, en raison de la présence de bandes d'allumés tout aussi voleurs et pirates que terroristes.
    Ces deux bougres ont été rapidement enchristés par des sortes de djihadistes, qui, sans moindre vergogne, ont abattu leur guide, qui constituait à leurs yeux une marchandise insuffisamment rentable, avant de courageusement prendre la fuite au Burkina Faso voisin.
    Fort heureusement pour ces vadrouilleurs photographiques, la République entretient une armée dont l'une des missions est la protection et la récupération des inconscients qui vont se fourrer dans les situations dangereuses.
    Et bien entendu, forts de cette assurance, et se disant finalement que les troufions sont la pour ça, ils partent nez au vent.
    Heureusement, tous les sots ne finissent pas en otages, mais cette conclusion de balade est quand même assez fréquente. Et l'aventure de nos quidams s'est conclue quelques jours après leur départ, par la mort de deux commandos marine, fils, maris et pères mais avant tout soldats partis sans hésitation à leur recherche, qui ont été abattus lors de la mission de récupération lancée à leur rescousse.
    Donc en faisant simplement leur devoir, sans se poser la moindre question relative à l'équilibre mental de ceux pour qui ils mettaient leur vie en jeu. Et la République, qui assiste tous ses ressortissants, mêmes les moins doués en réflexion  a engagé ses troupes et d'énormes frais pour rapatrier ces olibrius.
    Bien sûr c'est sont rôle.
    Même le Président de la République les a accueillis.  Toutefois, les voies du Seigneur sont impénétrables, , comme disait la catéchiste qui a essayé de m'éduquer, et l'opération a permis de sauver également deux jeunes femmes également détenues par les preneurs d'otages.
    Bien sûr, les deux morts seront honorés. Il serait peut-être bon de faire venir manu militari  les deux zigotos à la cérémonie, afin qu'ils aient une notion des conséquences de leurs caprices, si toutefois ils sont suffisamment éveillés intellectuellement pour comprendre.
    En outre, il pourrait être utile, à titre d'exemple, de les faire participer aux frais engagés pour eux. Cela permettrait peut-être aussi à ceux qui envisageraient de suivre leur exemple de réfléchir avant de partir . Mais.........

    tourisme saugrenu et meurtrier


    9 commentaires
  • Une chambre carrée, un plafond de lambris aux larges  poutres brunes apparentes, aux murs blanchis à la chaux éclairant le sol de tomettes rouges, des babouches éculées  qui furent de cuir rouge de Cordoue bien rangées au pied d’un  lit de chêne noir avec sa couverture dont les plis jaunes concurrencent le  soleil, une armoire en bois sombre avec des anges sculptés sur ses portes entrouvertes, une ampoule nue au bout d’un fil qui éclaire, le soir, d’une lumière jaune une grande table aux énormes pieds tournés encombrée de bouquins, et joue aux ombres chinoises au moindre courant d’air en donnant des allures de Goya à une affiche montrant un torero et sa muleta rouge sang, tandis que, sur une étagère, un réveil en étain à qui il manque une patte, surmonté de sa cloche de bronze, attend qu’on veuille bien le remonter , une chaise de bois peinte du même jaune que  la couverture, un broc de faïence orné d’un  héron bleu sagement assis dans sa cuvette émaillée, sous un miroir posé de guingois près d’une fenêtre grande ouverte sur un jardin en folie, où les plantes poussent dans un joyeux désordre, des fleurs flamboyantes, des buissons décontractés s’appuyant à des arbres débonnaires, des pommiers, des cerisiers, et d’autres dont on ne connaît pas le nom, mais qui sont si beaux dans le soleil d’été, un sentier de sable ocré serpentant entre eux accompagne le visiteur depuis un portail toujours ouvert dans un vieux mur de pierres sèches en partie couvert de lierre portant à son  sommet d’énormes jardinières en terre cuite remplies de fleurs qui sourient aux passants,comme une invitation à entrer.

    C’est la plus longue phrase que j’aie jamais écrite. On peut ne pas aimer, et on apprend aux enfants a faire des phrases courtes, ce qui facilite la lecture...
    Mais  elle a un avantage : elle permet de travailler son souffle  en la lisant ….
    Et on a bien besoin de ce souffle, en nos temps de saugrenuteries forcenées et d'insensées recherches frénétiques de pouvoir ...

    (1) déjà publié ici en 2009....c'est ça, le souffle...........


    4 commentaires
  • créationCet article est la traduction d'un texte édité par Literatura Mondo, à Budapest en 1935 .
    Son auteur, Izrael   Lejzerowicz ,qui devint espérantiste en 1912, est connucréation pour avoir, en 1935, écrit "la Verda Biblio ( la Bible Verte ), qui relate avec un bel humour la création de l'Espéranto, en parodiant la Genèse de la Bible . Il mourut à Treblinka en 1944, victime comme des millions d'autres de l'obscurantisme..
    Au commencement, le Mystère sans Corps créa le Volapuk . Et le Volapuk était informe et chaotique, et les ténèbres étaient en lui. Et le Mystère sans corps dit : Que la lumière soit, et il créa l'Espéranto. Et l'Esprit vit que l'Espéranto était bon et l'Esprit sépara l'Espéranto du Volapuk.

    Et l'Esprit nomma l'Espéranto  Jour Eternel et nomma Nuit le Volapuk. Et ce fut le soir et ce fut le matin du premier jour
    Et l'Esprit dit : qu'un firmament soit sur la langue. Et l'Esprit créa ce firmament. Et Il nomma le firmament accent régulier. Et ce fut le soir et ce fut le matin du deuxième jour.
    Et l'Esprit dit : rassemblez les règles grammaticales en un lieu et que la terre ferme apparaisse et il en fut ainsi.
    Et l'Esprit nomma la terre ferme Fundamento.
    Et l'Esprit vit que cela était bon. Et l'Esprit dit le Fundamento fait grandir la verdure, qui fait naître la joie, l'ensemble des mots qui donnent selon leurs radicaux les semences contenues dans le Fundamento. Et il en fût ainsi. Et le Fundamento fit grandir la verdure, selon les spécialités langue verte, mouvement vert, ensemble de mots qui ont des radicaux, qui ont les semences en eux même, dans le Fundamento. Et l'Esprit vit que cela était bon. Et ce fut le soir et ce fut le matin du 3ème jour
    Et l'Esprit dit que la lumière soit dans le ciel, pour séparer l'Espéranto des ténèbres. Et la lumière fut pour éclairer sur la terre. Et il en fut ainsi. Et l'Esprit fit la grande lumière pour gérer le monde. Et l'Esprit la fit monter au firmament pour qu'elle éclaire le monde. Et l'Esprit nomma la lumière Etoile Verte. Et l'Esprit vit que cela était bon. Et ce fut le soir et ce fut le matin du quatrième jour
    Et l'Esprit dit :que les mots soient évolutifs, soient vivants pour rendre flexible la Langue. Et l'Esprit créa les affixes, qui firent apparaître les mots avec les suffixes et les préfixes selon leur spécialité. Et l'Esprit vit que cela était bon. Et l'Esprit les bénit en disant : croissez et multipliez, et remplissez le glossaire ( Et ainsi les affixes se multiplient jusqu'à aujourd'hui). Et ce fut le soir, et ce fut le matin du cinquième jour.
    Et l'Esprit dit : que les mots fassent apparaître les êtres vivants, les animaux, et les vers. Et l'Esprit créa les néologismes et tous les mots difficiles selon leur spécificité, pour l'éternel tourment des nouveaux espérantistes. Et l'Esprit dit : nous avons créé une affaire puissante, qui fera respecter notre force interne, et qui sera l'axe de la langue et régira sa grammaire. Et l'Esprit créa l'accusatif, dans la forme finale -N. Il le créa, et l'Esprit dit : croissez et multipliez et remplissez la langue verte et réglez sur lui toutes les règles suivantes de l'Espéranto. Il est pour vous chose sainte. Et ainsi fut fait. Et l'Esprit regarda ce qu'il avait créé et vit que cela était très bon. Et ce fut le soir et ce fut le matin du sixième jour
    Et le Fundamento fut terminé avec l'ensemble des radicaux qui lui appartenaient. Et l'Esprit termina le septième jour tout le travail qu'il avait réalisé. Et l'Esprit bénit le septième jour et le sanctifias, car en lui il se reposait en lisant la littérature originale qu'il avait créée.

     

     images du net


    1 commentaire
  • l'âme de fond Ici, là, là-bas ou ailleurs, partout, des gens, des jeunes gens, des enfants se lèvent et crient leur besoin d'avenir, leur dégoût ,et surtout leur exigence de changement.
    Ce mouvement fut lancé par
     Greta Thunberg, qui osa, à Davos, s'adresser aux ploutocrates affirmés ou en puissance qui prétendent diriger la planète.
    Elle a osé leur dire, sans fard ni hésitation,
    que ."" Quelques individus, quelques entrepreneurs, quelques hommes de pouvoir savent quelles valeurs ils proposent pour gagner une inimaginable quantité d'argent"", et ""qu'à son avis, nombreux étaient , parmi les personnes présentes, ceux qui appartenaient à cette catégorie de personnes "".
    L’intervention
    de cette jeune fille a eu pour conséquence que , partout dans le monde, des jeunes gens, des l'âme de fondcollégiens, des lycéens, des enfants même se sont mobilisés et manifestent leur colère, leur honte même d'être nos descendants, puisque nous acceptons frileusement la situation apocalyptique de notre planète, et réclament des actions véritables en lieu et place des promesses et autres discours mièvres et artificieux à tendances électoralistes.
    Et nous, adultes, voire vieux, nous trouvons, devant cette aussi juvénile que courageuse et n
    écessaire réclamation, dans la situation du gamin pris avec le doigt dans le pot de confiture. Honteux comme des renards que des poules auraient pris.
    Et, même si il n'est
    pas aisé de l'admettre, nous sommes certains qu'ils ont raison.
    l'âme de fondEt nous commençons à prendre conscience qu'il nous est devenu impossible d'ignorer cette lame de fond qui est en instance de nous submerger.
    Il nous faudra donc agir, les manifestants n'ayant pas encore le droit de vote. Et nous aurons grand intérêt a agir intelligemment, car
    cette jeunesse, notre avenir, ne nous laissera pas la bride sur le cou.
    En Algérie, dans un autre ordre d'idées, bien que, finalement, le but soit le même, des millions de gens, jeunes, vieux, adultes ou vieillards s'indignent des élucubrations du malade qui fut leur président.
    Depuis des mois, entre Dunkerque et Menton, entre Bayonne et Schiltigheim, des gens du petit peuple s’agglutinent aux ronds-points, défilent et manifestent partout pour réclamer ce qui leur manque, c'est à dire presque tout, et finalement ne veulent que vivre presque aussi bien que ceux qu'ils nomment les nantis.
    Bien sûr quelques hurluberlus aussi crétins
    que décervelés en profitent pour amener la preuve de leur inanité. Dans le pauvre état de nos sociétés, ces exactions imbéciles sont hélas monnaie courante
    Malgré tout, ces manifestations, qu'on pourrait qualifier de spontanées sont signes des temps, et une réponse est impatiemment attendue, qui devra être à la hauteur, à faute de chaos .
    Que Janus, Dieu des commencements et des fins ferme cette ère d'inconscience et ouvre le monde à la félicité.
    Tiel estu, comme on dit en Espéranto..........

    images : youtube,rtbf.beici.frparismatch.com


    3 commentaires
  • Ce vendredi 8 mars revient cette fameuse journée des droits de la femme. On promettra, on jurera même et demain, si quelques uns,  ayant compris l'enjeu, feront tout leur possible pour tenir les promesses, combien de rustres, imbéciles et autres ( il y a 51 synonymes...) voire intégristes continueront à se croire d'essence supérieure.
    Néanmoins, d'une année sur l'autre, on commence à remarquer quelques frémissements, et on peut espérer entrevoir bientôt le début d'une amélioration.
    Il y a encore du boulot, et il n'est pas question de relâcher  la pression sur ceux qui n'ont pas encore compris que la

     

     

    Femme
    Femme qui pleure,
    Femme bonheur,
    Femme conquise
    Femme exquise
    Femme perdue,
    Femme éprise,
    Femme battue,
    Femme trompée,
    Femme tronquée,
    Femme de peine,
    Mais femme Reine,
    Femme qui rit,
    Femme paradis
    Femme d'enfer
    Femme de fer,
    Femme de foi
    Femme de droit.
    Femme furtive,
    Mais Femme définitive,
    Femme force et faiblesse
    Femme tendresse,
    Femme,
    mes espoirs et mes alarmes
    Femme,  
    ma douleur, mon rire, mon cœur,

    Ma Femme, ma Mère, ma Fille, mes Sœurs
    Femme de toutes les couleurs,

    Mais Femme sans peur
    Mais Femme originelle
      Mais Femme éternelle.  


    1 commentaire
  • C'était l'heure bleue . Tout était bleu, le ciel, la mer , et les troncs des niaoulis parsemaient la brousse de taches claires parmi les arbres du bosquet.
    Là-bas, de l'autre côté de la baie, par dessus l'eau bleu sombre que le reflet de la lune barrait d'un chemin de lumière, les lumières de la ville faisaient penser aux hublots éclairés d'un énorme paquebot plein de rêves bleus.
    Assise sur une souche , scrutant la profondeur du ciel bleu sombre, un bas-bleu cherchait l'inspiration.
    Morbleu pensait-elle, il faudra bien pourtant que mon encre bleue dessine une aventure sur mon cahier !
    En effet, malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à aligner deux mots, fussent-il des mots bleus. Elle n'y voyait que du bleu. La chanson de Brassens, La Ronde des Jurons lui trottait dans la tête, et elle fredonnait :

    Tous les morbleus, tous les ventrebleus, 
    Les sacrebleus et les cornegidouilles, 
    Ainsi, parbleu, que les jarnibleus 
    Et les palsambleus, 
    Tous les cristis, les ventres saint-gris, 
    Les par ma barbe et les noms d'une pipe, 
    Ainsi, pardi, que les sapristis 
    Et les sacristis, 
    Sans oublier les jarnicotons, 
    Les scrogneugneus et les bigre' et les bougre', 
    Les saperlott's, les cré nom de nom, 
    Les peste, et pouah, diantre, fichtre et foutre, 
    Tous les Bon Dieu, 
    Tous les 
    Tonnerr' de Brest et saperlipopette, 

    Ainsi, pardieu, que les jarnidieux 
    Et les pasquedieux.

    Et soudain lui vint la lumière, elle bondit, enthousiaste, hors de sa souche , et se précipita sur son sac, pour en sortir son cahier et son crayon bleus , mais se prit les pieds dans une racine , s'étala , et quand elle se releva, elle avait le corps couvert de ...bleus.
    Épuisée se tenant les reins, elle s'en alla boitillant cahin-cahin car elle ne se souvenait plus de la fin de la formule, et en grommelant palsambleu de morbleu de nom de bleu de ventrebleu , jarnibleu  de vertubleu !

    Je n'écrirai plus !
    C'est ainsi qu'une carrière de génie littéraire se termina alors que le ciel commençait à bleuir.

     


    1 commentaire
  • bleuseriesMon Père, que, plagiant l'ineffable copain de Juliette Drouet, j'ai tendance a définir comme ce héros au sourire si doux, a vu le jour vers la fin de l'avant dernier siècle, juste au dessous de ce que M. Ferry nommait la ligne bleue des Vosges.
    Et, en raison du fait que cette fameuse ligne délimitait la conséquence de la déculottée de 1870, il a vécu ce que quelques inconscients ont nommé la Der des Der.
    Oh! Il ne fut pas le poilu de 15 ans qui fit pleurer dans les chaumières. Plus prosaïquement, il bénéficia d'un hébergement gratuit, comme tous les jeunots de son canton.
    En effet, les germains, qui, malgré les rodomontades du Kronprinz redoutaient les armées de chez nous, embastillaient la jeunesse, ce qui évitait aux teutons le risque de voir grossir les troupes gauloises.
    C'est ainsi que mon héros passa en vase clos les quatre années de la première tuerie mondiale.
    En 1919, dès son retour à la maison, il fut appelé au service de la Patrie, car il était alors évident qu'à peine un lustre de détention sans raison ne pouvait suffire pour être dispensé du service militaire .
    Quel rapport, me direz vous, avec le thème de notre affaire ?
    Patience, j'y viens.
    Il fut incorporé au 20ème Bataillon de chasseurs à pied, dont l'uniforme était... bleu. Nouveau venu dansbleuseries ce bataillon de bleu vêtu, il devint illico et de facto un bleu.
    En effet cette couleur était celle des jeunes recrues des armées républicaines aux joyeux temps révolutionnaires, les royalistes étant tout de blanc équipés.
    C'est ainsi qu'avec toute la logique de toutes les armées, le nouveau est devenu et resté un bleu. Quelle que soit la couleur de son uniforme. Sérieux et appliqué, mon modèle obtint, tenez -vous bien, ses galons de caporal, qui étaient... bleu jonquille, car prononcer le nom de la couleur du safran était rigoureusement interdit dans ce bataillon.
    Ces circonstances colorées auraient-elles eu une influence profonde sur la nature de l'auteur de mes jours, au point de bleuir son avenir? Il faut croire, car il réussit l'exploit de générer sept enfants, tous équipés de chacun deux yeux bleus .
    Ce dont ma sœur aînée convenait aisément, précisant sans vergogne et avec une certaine fierté - et même une fierté certaine - de magnifiques yeux bleus Je ne puis que souscrire à cette description fraternelle, évidemment.
    La fortune souriant aux audacieux mais pas aux prolétaires, une fois le BEPC obtenu, il a fallu travailler, car chez nous, les ortolans ne tombaient pas tout rôtis dans nos assiettes . Et j'ai joyeusement revêtu des ...bleus de travail
    Quand, à mon tour, je fus appelé "au service", je fus incorporé dans l'Armée de l'Air, et revêtu d'un superbe uniforme... bleu.
    De retour à la vie civile, comme les billets bleus ne tombaient pas en cascade, j'ai trouvé une situation qui, loin de conduire aux rives du Pactole, était un quand même un tantinet plus rémunératrice.
    Et je suis entré dans la maréchaussée, où j'ai porté la fameuse vareuse bleu gendarme, qui, bien entendu, en vertu de l'implacable logique militaire dont je vous ai parlé plus haut, était ( et est toujours )... noire.
    J'ai pu ainsi quelque peu me balader sur la planète bleue, après avoir écouté les cigales sous le ciel bleu de Provence.
    bleuseriesPour un lorrain, le bleu marin était encore en ces temps déjà lointains, un rêve peu accessible ....

    Aujourd'hui, si j'ai toujours les yeux bleus, je ne suis, sacrebleu, plus un bleu, et l'idée de parler d'avenir bleu a fait que je me suis rendu compte qu'en l'occurrence, c'était mon passé.
    Et pour clore, j'ai la chance de participer au Club Questions pour un Champion de Nouméa, dont les joyeuses rencontres se déroulent aux Cerisiers bleus...
    Ma Mère avait raison, je ne fais jamais rien comme les autres.
    Ventre saint gris ! Comme disait ce paillard de Vert Galant .

    images : la-fontaine-de-mots.overblog.com. métal-modeste.com; litterature audio.com


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires